D’après Geneviève Gallois
Quand on se trouve devant un obstacle qui barre le chemin, il ne faut pas se buter dessus et dire : « Quand l’obstacle sera ôté, je commencerai à vivre. » Erreur : le moment de vivre est toujours le moment présent, quelle que soit la figure qu’il vous présente. Il prend figure d’obstacle ? Embrassons l’obstacle et tournons-le en moyen. Il barre une route ? C’est pour en ouvrir une autre, meilleure. Mes petits moyens humains sont en déficit ? Laissons-les tomber pour laisser la place aux moyens de Dieu qui transcendent infiniment. Une sainte religieuse disait : « L’amour ne connaît pas d’obstacle, et s’il en rencontre, il les change en moyens. »
D’après Élisabeth Leseur
Mon Dieu, je dépose à vos pieds mon fardeau de souffrances, de tristesses, de renoncements ; j’offre tout, et je demande à votre amour de transformer ces épreuves en joie et en sainteté pour ceux que j’aime, en grâces pour les âmes, en dons précieux pour votre Église. Dans cet abîme d’accablement physique, de dégoûts et de lassitude morale, de ténèbres, laissez passer une lueur de votre triomphante clarté. Aidez-moi à cacher le dépouillement intérieur et la pauvreté spirituelle sous la richesse du sourire et les splendeurs de la charité. Lorsque la croix se fait plus lourde, mettez votre douce main sous le fardeau.
D’après Augustin d’Hippone
Ce que le Seigneur a commandé : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même. », semble dur et pénible. Mais ce n’est ni dur ni pénible, parce que celui qui commande est celui qui aide à réaliser ce qu’il commande. Elle est vraie aussi, la parole que Jésus a dite : « Mon joug est facile à porter, et mon fardeau léger. » (Mt 11, 30) Car tout ce qui est dur dans le commandement, l’amour fait en sorte qu’il soit doux. Nous savons de quels prodiges l’amour est capable ! Que de difficultés endurent les hommes, que de traitements indignes et insupportables souffrent-ils pour parvenir à ce qu’ils aiment ! Est-il alors surprenant que celui qui aime Jésus-Christ et qui veut le suivre se renonce à lui-même ?
D’après Élisabeth Leseur
Joies de la vie : tendresses, beautés de la nature, splendeurs de l’art, autant et plus qu’une autre je jouis de vous, car vous êtes un reflet de cette beauté, de cet amour qui a pris possession de mon cœur. Douleurs de la vie : épreuves, maladies, pénibles infirmités, chères compagnes qui m’avez été si fidèles, je ne vous repousse pas et je vous aime, parce que vous êtes d’autres aspects de l’unique amour ; parce que, unies à la croix sainte, vous devenez de bonnes ouvrières de salut et de conversion pour les âmes ; parce que, grâce à vous, je peux témoigner parfois ma tendre gratitude à celui qui a tant fait, qui a tant souffert pour moi. Que Dieu soit béni de tout : joies et douleurs. Qu’il m’aide, par la joie spirituelle, qui subsiste même au milieu des ténèbres intérieures, à le louer et à le glorifier jusqu’à mon dernier souffle, jusque dans l’éternité.
D’après Marguerite Hoppenot
C’est à travers les sentiers quotidiens de notre existence humaine que Dieu nous appelle inlassablement vers lui. Si les conditions de notre vie se muent si souvent en obstacles, ce n’est pas à eux qu’il faut nous en prendre… mais plutôt à l’attitude profonde de notre cœur qui, pour quelque motif secret, les refuse… Loin de fuir ces difficultés, nous devons les considérer comme autant de poteaux indicateurs sur notre chemin vers Dieu. Ils nous indiquent avec précision ce qu’il nous faut dépasser par amour pour être fidèles à l’étape spirituelle à laquelle nous convie aujourd’hui le vouloir de Dieu. Nous pouvons affirmer alors que nos obstacles sont nos chemins. C’est au-delà de ces obstacles, peu à peu devenus chemins, que le Seigneur nous attend.