D’après Jean Chrysostome
La tempête gronde ? Je ne crains pas de naufrage, car une pierre solide est mon appui. Que les flots se soulèvent, ils ne peuvent engloutir la barque de Jésus. Qu’est-ce que je peux craindre ? La mort ? « Mourir est un avantage. » (Ph 1, 21) L’exil ? « La terre est au Seigneur. » (Ps 23, 1) La confiscation des biens ? « Nous ne pourrons rien emporter de ce monde. » (1 Tm 6, 7) Si vous trouvez difficile de croire ces paroles, croyez les faits. Combien de tyrans ont essayé d’anéantir l’Église ? Et ces hommes sont tombés en oubli. Et l’Église est resplendissante comme le soleil. Si l’univers entier se met à trembler, j’ai la parole du Christ pour arme, pour défense, pour refuge : « Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde. » (Mt 28, 20) Le Christ est avec moi, qu’est-ce que je peux craindre ? La furie de la mer, la colère des princes : tout cela ne pèse pas plus qu’une toile d’araignée.
D’après Pierre Vigne
Les trois Marie craignent de n’avoir assez de force pour ôter la pierre qui empêchait l’entrée du lieu où reposait le corps de Jésus Christ. Voilà une image de ce qui arrive à ceux qui veulent servir Dieu et pratiquer la vertu. On s’imagine de grands obstacles qui paraissent insurmontables. On craint de violentes tentations. On appréhende qu’on n’aura pas assez de force pour faire pénitence et qu’on ne pourra jamais surmonter les mépris et les railleries de ceux qui sont opposés aux pratiques de dévotion. Enfin, on se persuade que nous n’aurons d’autre secours que celui qui nous est ordinaire. Voilà une grande erreur qui est très pernicieuse. Un Dieu tout-puissant, qui gouverne les cieux et la terre, et qui retient toute la puissance enchaînée des enfers, n’aurait pas le pouvoir de nous soutenir si nous sommes totalement dévoués à son amour ?
D’après Geneviève Gallois
Je viens de trouver cette citation de Tertullien : « La solution de toutes les difficultés, c’est le Christ. » Parole grosse de sens. Cela ne veut pas dire que le Christ va résoudre par miracle nos difficultés et nous faire trouver prospérité sur la terre ; mais de le regarder et de le suivre, transforme en marchepied les poids que nous avons sur la tête. C’est ce qu’il dit lui-même dans ces paroles : « Je suis le chemin, la vérité, et la vie. »
D’après Origène
Jésus a obligé les disciples à monter dans la barque et le précéder sur l’autre rive, pendant qu’il renvoyait les foules. Et pourtant les disciples n’ont pas pu précéder Jésus sur l’autre rive ; il voulait leur apprendre par l’expérience que sans lui il n’était pas possible d’y arriver… Avant de les rejoindre, il a gravi la montagne, à l’écart, pour prier. Pour qui a-t-il prié ? Probablement pour les foules. Pour les disciples aussi, pour qu’il ne leur arrive rien de mal sur la mer à cause des vagues et du vent contraire. J’ai bien envie de dire que c’est grâce à la prière que Jésus adresse à son Père que les disciples n’ont subi aucun dommage, alors que la mer, les vagues et le vent s’acharnaient contre eux.
D’après Jean-Émile Anizan
Dieu sait ce qu’il fait ; nous, nous ne le savons pas. Et il veut que nous nous en remettions avec confiance à lui. Que de vaines inquiétudes, que de soucis insensés ! Dieu a eu soin dans l’Évangile de nous prévenir que pas un cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission ; nous savons qu’il nous aime, que tout tourne au bien de ceux qui l’aiment ; et pourtant, dans les événements publics aussi bien que dans les péripéties de notre vie individuelle, nous ne sortons pas d’angoisse ni d’inquiétude. Ah ! qui me donnera la confiance et l’abandon des âmes vraiment à Dieu, des âmes qui ont la vraie foi ? Il faut prier encore, prier toujours. Là seulement sont la lumière et le salut ! Mon Dieu, gravez cette conviction en moi, de façon qu’elle ne subisse plus d’éclipse.