D’après Éphrem le Syriaque
Avec la résurrection de Lazare, la force de la mort, qui avait triomphé depuis quatre jours, est écrasée… pour que la mort sache qu’il était facile au Seigneur de la vaincre le troisième jour. Sa promesse est véridique : il avait promis qu’il ressusciterait lui-même le troisième jour (Mt 16, 21). Le Seigneur a donc rendu leur joie à Marie et à Marthe en terrassant l’enfer pour montrer que lui-même ne serait pas retenu par la mort pour toujours. Maintenant, chaque fois qu’on dira que ressusciter le troisième jour est impossible, qu’on regarde celui qui a été ressuscité le quatrième jour.
D’après Augustin d’Hippone
« Éveille-toi, toi qui dors ! Lève-toi d’entre les morts ! » (Ep 5, 14) Souvent, on dit de ceux qui visiblement sont morts, qu’ils dorment ; et vraiment, pour Celui qui peut les réveiller, ils dorment tous. Un mort est bien mort pour toi : tu as beau le frapper, le secouer, il ne se réveille pas. Mais pour le Christ, celui à qui il a commandé : « Lève-toi ! » n’était qu’endormi, et aussitôt il s’est levé (Lc 7, 14). Devant la voix du Sauveur, il n’y a pas de liens qui tiennent ; les puissances du séjour des morts tremblent. Il est facile de réveiller un dormeur de son lit ; plus facilement encore, le Christ réveille un mort de son tombeau. Pour la volonté vivifiante du Christ, même ce mort de quatre jours qu’est Lazare ne faisait que dormir.
D’après Grégoire le Grand
« Le Royaume des cieux est semblable à une graine de moutarde qu’un homme sème en son champ ; en poussant, il devient comme un arbre, en sorte que les oiseaux du ciel viennent se reposer sur ses branches » (Mt 13, 31). Ce petit grain de semence est pour nous le symbole de Jésus Christ qui, mis en terre dans le jardin où il a été enseveli, en est ressorti peu après debout comme un grand arbre. Ce fut un grain de semence lorsqu’il est apparu à nos yeux tout défiguré ; et un arbre lorsqu’il est ressuscité comme le plus beau des hommes (Ps 44, 3). Et les âmes se reposent comme des oiseaux sur ses branches, lorsqu’elles trouvent dans les paroles de la Résurrection, la consolation dont elles ont besoin dans les peines et les fatigues de cette vie.
D’après Augustin d’Hippone
« Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ; et tout homme qui vit et qui croit en moi ne mourra jamais. » Qu’est-ce que cela veut dire ? « Celui qui croit en moi, même s’il meurt dans son corps comme Lazare, aura la vie dans son âme, jusqu’à ce que le corps lui-même ressuscite pour ne plus mourir. Et tout homme qui vit dans la chair et croit en moi, bien qu’il doive mourir pour un temps en son corps, il ne mourra pas pour l’éternité, à cause de la vie de l’Esprit et de l’immortalité de la résurrection. » Crois donc, et même si tu es mort, tu vivras ! « Dieu n’est pas le Dieu des morts, mais le Dieu des vivants, car tous vivent pour lui. » (Lc 20, 38)
D’après Athanase d’Alexandrie
Il n’y a absolument pas à douter que le Sauveur a détruit la mort, puisqu’il démontre chaque jour sa victoire sur elle en ses disciples… Lorsqu’on voit des hommes, des femmes et de jeunes enfants courir et s’élancer à la mort pour la foi au Christ, qui serait assez sot, qui serait assez incrédule, qui aurait l’esprit assez aveugle pour ne pas comprendre et penser que c’est le Christ, auquel ces hommes rendent témoignage, qui procure et donne à chacun la victoire sur la mort en détruisant la puissance de celle-ci en chacun d’eux ? Si la mort, autrefois si forte et pour cela si redoutable, est méprisée maintenant après la venue du Sauveur, il est évident que la mort a été anéantie et vaincue.