La Croix est notre étendard

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D’après Thomas d’Aquin

Certains tirent gloire de leur savoir, mais saint Paul trouve la connaissance suprême dans la croix : « Je n’ai rien voulu savoir parmi vous, sinon Jésus Christ crucifié. » (1 Co 2, 2) À ceux qui se glorifient de leur puissance, saint Paul répond qu’il tient de la croix une puissance sans égale : « Le langage de la croix est folie pour ceux qui se perdent, mais puissance de Dieu pour ceux qui se sauvent. » (1 Co 1, 18) D’autres personnes, enfin, tirent leur gloire d’être membres de quelque groupe illustre, mais nous, par la croix, nous sommes conviés à l’assemblée des cieux : « Il a réconcilié tous les êtres, aussi bien sur la terre que dans les cieux, par le sang de sa croix. » (Col 1, 20)

D’après Cyrille de Jérusalem

Loin de rougir de la croix du Sauveur, faisons-en notre trophée. La croix est un objet de scandale pour les Juifs, elle est une folie pour les Gentils, mais elle est notre asile et notre salut. Car ce n’est pas un simple mortel qui est mort pour nous : c’est le Fils de Dieu lui-même, fait homme, revêtu de la nature humaine. Si le sang de l’agneau immolé, en vertu de la loi de Moïse, écartait loin du peuple l’ange exterminateur, de quelle autre efficacité ne sera pas le sang de l’Agneau de Dieu, qui efface les péchés du monde ? Le sang d’un agneau privé de raison a été d’une efficacité salutaire ; comment celui du Fils unique de Dieu pourrait-il être stérile ?

D’après Germain de Constantinople

Celui qui porte l’univers est fixé au bois comme un mort. Mais s’il rend son souffle, c’est pour insuffler la vie aux morts. La croix ne lui fait point honte, mais comme un trophée, elle atteste sa victoire totale. « Ayez confiance, en portant le péché du monde, j’ai vaincu le monde et le prince de ce monde. » (Jn 1, 29 ; 16, 33) La couronne d’épines qu’il porte sur le front confirme sa victoire… « Adam où es-tu ? » (Gn 3, 9), crie à nouveau le Christ en croix. « Je suis venu là à ta recherche et, pour pouvoir te trouver, j’ai tendu les mains sur la croix. Les mains tendues, je me tourne vers le Père pour rendre grâce de t’avoir trouvé, puis je les tourne aussi vers toi pour t’embrasser. Je ne suis pas venu pour juger ton péché, mais pour te sauver par mon amour des hommes (cf. Jn 3, 17). »

D’après Pierre Vigne

Un Dieu mort et mort sur une croix pour sauver sa propre créature… c’est là une mer, mais une mer inépuisable d’admiration. Cette croix sur laquelle Dieu a tant souffert, je la montrerai à tous mes frères, afin qu’ils le louent et le remercient. Jésus souffrant et mourant sur une croix, nous donne de si beaux sujets de méditation, qu’on peut appeler le crucifix le grand livre du Seigneur… Quel est l’état, le lieu et le temps où Jésus a le plus travaillé pour notre salut et dont l’amour a été le plus avantageux pour nous ? N’est-ce pas sur le Calvaire ? Le service a été alors le plus grand. Il faut donc que le souvenir, la reconnaissance et l’affection soient les plus grands pour ce mystère.

D’après Éphrem le Syrien

La croix rend la lumière à l’univers entier, elle chasse les ténèbres et rassemble les nations de l’occident et de l’orient en une seule Église, une seule foi, un seul baptême dans la charité. Elle se dresse au centre du monde, fixée sur le Calvaire. Armés de la croix, les Apôtres s’en vont prêcher et rassembler dans son adoration tout l’univers, foulant aux pieds toute puissance hostile. Par elle, les martyrs ont confessé la foi avec audace et n’ont pas craint les ruses des tyrans. Lors du retour du Christ, cette croix paraîtra d’abord dans le ciel, sceptre précieux du Grand Roi. Nous la verrons, escortée par les anges, illuminant la terre, d’un bout de l’univers à l’autre, plus claire que le soleil, annonçant le Jour du Seigneur.