D’après Baudouin de Ford
Ceux qui ont tué le Christ, qui ont versé son sang, ne l’ont pas fait pour effacer les péchés du monde. Mais inconsciemment, ils ont servi le plan du salut. En effet, dans cette effusion de sang, la haine des persécuteurs n’était pas seule à l’œuvre : l’amour du Sauveur l’était aussi. Et si la haine a fait son œuvre de haine, l’amour a fait son œuvre d’amour. Par cette effusion de sang, la haine se déversait, mais l’amour aussi se répandait, pour que l’homme sache combien Dieu l’aimait : « jusqu’à la fin » (Jn 13, 1). La fin, c’est mourir pour ceux qu’on aime ; voilà la fin de l’amour parfait.
D’après Dina Bélanger
Vendredi saint, mon bon Maître m’a fait participer aux sentiments de tendresse de son cœur durant sa Passion et sur la croix. La tendresse du cœur de Jésus ! Ah ! Je ne l’ai jamais comprise jusqu’à aujourd’hui. Les mots humains ne disent rien. Les attendrissements du cœur de la meilleure des mères n’ont rien de comparable avec elle. Le cœur de Jésus est un abîme de tendresse… C’est tout ce que je sais dire, parce que je n’ai pas d’expression pour traduire ce que je comprends. Il m’a dit : « Mon cœur pense sans cesse à unir les âmes à lui par l’eucharistie, comme il est uni lui-même à mon Père par l’amour dans l’unité et la charité parfaites. »
D’après Cyrille de Jérusalem
En quittant la vie, Jésus Christ n’a point cédé à la violence, il n’a point succombé aux excès de la douleur ; mais il est mort parce qu’il l’a voulu, et quand il l’a voulu, parce qu’il a dit lui-même : « J’ai le pouvoir de laisser la vie et celui de la reprendre. Si mes ennemis mettent la main sur moi, c’est que je le veux ; autrement leurs efforts seraient inutiles. » Il est donc venu de plein gré sur le théâtre de sa Passion, portant avec joie sa couronne, sans redouter la croix, se réjouissant du salut qu’il allait introduire dans le monde. Ce n’était pas un simple mortel qui allait être aux prises avec les douleurs et la mort, mais c’était un Dieu-Homme qui allait combattre pour le prix de patience et d’obéissance.
D’après François de Sales
La première parole que notre Seigneur prononça sur la croix fut une prière pour ceux qui le crucifiaient : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23, 34) Combien grande était la flamme d’amour qui brûlait dans le cœur de notre doux Sauveur, puisqu’au plus fort de ses douleurs, au temps où la véhémence de ses tourments semblait lui ôter même le pouvoir de prier pour lui-même, il vint par la force de sa charité à s’oublier soi-même, mais non ceux qu’il avait créés. Il voulait par là nous faire comprendre l’amour qu’il nous portait, lequel ne pouvait être diminué par aucune sorte de souffrance, et nous apprendre aussi quel doit être notre cœur à l’endroit de notre prochain. Et il est tout certain que sa demande lui fut accordée, car son divin Père l’honorait trop pour lui refuser quelque chose.
D’après Catherine de Sienne
Soyez obéissants jusqu’à la mort, à l’exemple de l’Agneau sans tache. Songez qu’il est le chemin et la règle que vous devez suivre. Tenez-le toujours présent devant les yeux de votre esprit. Il ne refuse pas de porter le fardeau des peines ; au contraire, il s’élance, animé d’un grand désir. N’est-ce pas ce qu’il manifeste lors de la Cène du Jeudi Saint quand il dit : « J’ai désiré d’un grand désir manger cette pâque avec vous avant de mourir. » (Lc 22, 15) ? Ne voyant presque plus de temps devant lui – il se voyait déjà à la fin, quand il devait sacrifier son corps pour nous – il exulte, se réjouit et dit avec joie : « J’ai désiré d’un grand désir. » Il ne pense ni à ses peines ni à sa mort ignominieuse ; s’il y avait pensé, il n’aurait pas été si joyeux, il ne l’aurait pas appelé une pâque.