D’après Jean Damascène
« Jésus priait à l’écart », nous dit l’évangéliste. La prière trouve sa source dans le silence et la paix intérieure. Car, lorsque nous fermons les yeux et les oreilles, lorsque libérés de l’agitation du monde extérieur, nous sommes à l’intérieur de nous-mêmes, alors nous voyons clairement en nos âmes le royaume de Dieu, ce royaume qui est en nous-mêmes. La prière est alors un voyage intérieur vers Dieu, vers l’union avec lui. Si le Christ a prié à l’écart, lui dont l’âme sainte était pourtant constamment unie à Dieu, c’était pour nous montrer que la prière silencieuse est un chemin privilégié vers Dieu.
D’après l’Imitation de Jésus Christ
« Le royaume de Dieu est au-dedans de vous », dit le Seigneur. Apprends donc à délaisser les choses extérieures et à te donner aux choses intérieures ; et tu verras le royaume de Dieu venir en toi. Dieu visite fréquemment l’homme intérieur… et c’est un doux entretien, une familiarité surprenante, une consolation agréable, une paix abondante. En effet, celui qui possède un esprit recueilli ne se répand jamais tout entier au-dehors. Ainsi, ni les travaux extérieurs ni les occupations nécessaires ni les faits sensationnels ni les scandales du jour ne troublent son cœur, et dans ce cœur, il peut alors continuellement contempler les choses du Ciel et goûter la joie intérieure.
D’après Geneviève Gallois
Prier, ce n’est pas chercher hors de nous un Dieu lointain, mais c’est s’entretenir avec Dieu comme un ami parle à son ami. Pour prier, descendons donc en nous, au fond de notre âme, dans ce petit local secret où Dieu est assis et nous attend pour la plus intime union. Et là, parlons-lui, interrogeons-le : il y a tant de choses qu’il nous importe de savoir ! Et surtout écoutons-le ! Ce n’est pas toujours facile… Mais efforçons-nous de laisser couler en nous cette parole vivante, incomparable, car elle imbibe l’âme et la modèle à sa façon, c’est-à-dire divinement.
D’après Thérèse d’Avila
Si j’avais compris, comme je le fais maintenant, qu’un si grand Roi habite ce petit palais de mon âme, il me semble que je ne l’aurais pas si souvent laissé seul. Quelquefois, du moins, je me serais tenue en sa présence. Quelle chose admirable ! Celui qui remplirait de sa grandeur mille mondes et bien davantage, se renferme dans une si petite demeure ! Le point capital, c’est de lui en faire un don absolu, afin qu’il puisse garnir et dégarnir à son gré, comme dans une demeure qui lui appartient. Ne nous y refusons donc pas ! Car il ne force pas notre volonté, il reçoit ce qu’elle lui donne : il ne se donne entièrement que lorsque nous nous donnons entièrement nous-mêmes.
D’après Isaac le Syrien
Les démons redoutent l’homme qui cherche Dieu dans son cœur avec ferveur, et qui repousse loin de lui les agressions de l’ennemi. Le pays spirituel de cet homme est au-dedans de lui : le soleil qui brille en lui est la lumière de la Sainte Trinité ; l’air que respirent ses pensées est le Saint-Esprit consolateur. Et les saints anges demeurent avec lui. Un tel homme se réjouit à toute heure de la contemplation de son âme, et il s’émerveille de la beauté qu’il y voit, cent fois plus lumineuse que la splendeur du soleil. C’est Jérusalem. C’est la nuée de la gloire de Dieu qui illumine l’entendement par les rayons de sa lumière.