D’après Odilon de Cluny
L’Évangile nous dépeint la course joyeuse des disciples : « Tous deux couraient ensemble vers le tombeau. » (Jn 20, 4) Qui ne désirerait chercher ainsi le Christ siégeant à la droite du Père, qui ne chercherait à courir en esprit, lorsqu’il se remémore avec tant de joie la course à toutes jambes de tels apôtres ? Pour nous encourager en ce désir, que chacun de nous redise avec élan ce verset du Cantique des Cantiques : « Entraîne-nous et nous courrons à l’odeur de tes parfums. » Courir à l’odeur des parfums, c’est marcher sans relâche vers notre Créateur, réconforté par la sainte odeur de sa joie et de ses vertus. Telle a bien été la course digne d’éloges de ces deux disciples.
D’après Gemma Galgani
Quelle joie ne ressent-on pas à s’abandonner dans les bras de Jésus ! On est si bien avec Jésus tout seul ! L’âme fidèle devient la fille très aimée de Jésus. Il lui ouvre ses bras et l’étreint… Ô Jésus, j’ai tant besoin de votre tendresse ! C’est vrai, en présence de Jésus au tabernacle, on n’est pas un instant sans ressentir le plus grand bonheur. Et si Jésus me permettait d’entrer dans ce tabernacle où se trouvent son corps et son sang, ne serait-ce pas là le paradis pour moi ?
D’après Baudouin de Ford
« Le pain fortifie le cœur de l’homme et le vin réjouit le cœur de l’homme. » (Ps 103, 15) Pour ceux qui croient en lui, le Christ est nourriture et breuvage, pain et vin. Il est pain, lorsqu’il nous donne force et fermeté, selon cette parole de saint Pierre : « Quand vous aurez un peu souffert, le Dieu de toute grâce vous rétablira et vous donnera force et fermeté. » (1 P 5, 10) Il est breuvage et vin, lorsqu’il réjouit, selon le mot du psalmiste : « Réjouis l’âme de ton serviteur, car j’élève mon âme vers toi, Seigneur. » (Ps 85, 4) Tout ce qui en nous est fort, solide, allègre et joyeux pour accomplir les commandements de Dieu, supporter les maux, agir dans l’obéissance, défendre la justice, tout cela est force de ce pain ou joie de ce vin. Heureux ceux dont l’action est forte et joyeuse !
D’après Geneviève Gallois
Nous possédons l’Absolu, en qui il n’y a pas d’absurde, pas d’inutile, pas de désillusion, toujours du neuf, toujours du beau, toujours un océan de joie. Plus on se rapproche de lui, plus la vie se réduit à ceci : béatitude ! C’est l’apprentissage de notre vie éternelle ; il faut apprendre dès ce monde à être heureux de ce bonheur-là, et tout y contribue, même les embêtements, même les souffrances… Dans chaque communion sacramentelle, on possède le paradis – qu’il pleuve, qu’il grêle, qu’on ait un mal de tête qui empêche d’y comprendre quoi que ce soit – ça ne change rien à la réalité : c’est le paradis !
D’après Anselme de Cantorbéry
Mon Dieu, tu nous as dit : « Demandez et vous recevrez ; ainsi vous serez comblés de joie. » Je te prie donc de me donner cette joie pleine et plus que pleine qui, après avoir rempli le cœur, l’esprit et l’âme, abonde encore sans mesure. Cette joie est si grande, qu’en fait, ce n’est pas elle qui entre en nous, c’est nous qui entrons de tout notre être en elle. Et si je ne le peux pas pleinement en cette vie, fais-moi avancer maintenant jusqu’à ce que j’y entre pleinement un jour. Que maintenant ma joie soit immense en espérance, pour être alors totale en réalité. Mon Seigneur, tu ordonnes que nous demandions, et tu promets que nous recevrons, afin que notre joie soit parfaite : fais donc grandir ma faim de cette joie, afin que j’y entre !