D’après Maxime de Turin
Même sans que je vous en parle, la création elle-même, en attendant le renouvellement de son cycle annuel, exprime l’imminence d’un événement qui restaure tout pour le mieux, et nous invite par-là à attendre la naissance du nouveau soleil qu’est le Christ ! Alors, de même qu’en ces jours du solstice, la création répand plus largement sa lumière, déployons ainsi notre justice. De même que la clarté de ce jour est le bien commun des pauvres et des riches, que nos largesses s’étendent sans compter aux voyageurs et aux pauvres. De même qu’en ces temps-ci, le monde restreint la durée des ténèbres, retranchons aux ombres de notre avarice… Qu’en nos cœurs, toute glace fonde, réchauffée par les rayons du Sauveur. Donc, préparons-nous à accueillir le jour de la naissance du Seigneur en nous parant de vêtements éclatants de blancheur.
D’après Bernard de Clairvaux
Cieux, prêtez l’oreille ! Terre, écoute avec attention ! Que toute créature, que l’homme surtout soit transporté d’admiration et éclate en louanges : « Jésus-Christ, le Fils de Dieu, naît à Bethléem. » Quelle plus douce nouvelle pourrait-on annoncer à la terre ? A-t-on jamais rien entendu de pareil ? « Jésus-Christ, le Fils de Dieu, naît à Bethléem. » Mais quelle douceur dans ces paroles ! Vous qui êtes couchés dans la poussière, réveillez-vous donc et louez Dieu ! Voici le Seigneur qui vient avec le salut, le voici qui vient dans sa gloire. Heureux celui qui se sent attiré par lui et qui « court à l’odeur de ses parfums » (Ct 1, 4). Vous donc qui êtes perdus, respirez ! Jésus vient sauver ce qui avait péri. Vous les malades, revenez à la santé : le Christ vient étendre le baume de sa miséricorde sur la plaie de vos cœurs.
D’après Léon le Grand
Notre Sauveur est né aujourd’hui : réjouissons-nous. Il ne peut y avoir de tristesse au jour où naît la Vie, laquelle, dissipant la crainte de la mort, répand en nos âmes la joie par la promesse de l’éternité. Il n’y a personne qui n’ait sa part de cette allégresse. Tous ont un même motif de se réjouir, car notre Seigneur, nous trouvant tous assujettis au péché, est venu pour nous affranchir tous. Qu’il tressaille, celui qui est saint : car la palme approche pour lui. Que le pécheur se réjouisse : voici qu’on l’invite au pardon. Que le païen prenne courage : car il est convié à la vie. En effet, le Fils de Dieu, dans la plénitude des temps fixée, a pris la nature humaine pour la réconcilier avec son Auteur, afin que l’inventeur de la mort, le diable, fût vaincu par où il avait triomphé.
D’après Geneviève Gallois
La fête de Noël s’est passée dans la joie ! Cette joie qui est pour tout le monde ! Pour l’avoir, il suffit de se dire : c’est pour moi que le Christ a daigné naître aujourd’hui d’une Vierge, que la vraie paix est descendue des cieux ! Quand nous ne sommes pas heureux, c’est que nous nous cramponnons aux choses qui passent au lieu de nous asseoir dans la vérité éternelle. Mais si, par la grâce de Dieu, on étend la main vers ce bonheur qui nous est donné tout gratuitement, ni la pluie ni la neige ni les gens ni les choses n’y font plus rien, et la tristesse n’a plus entrée dans l’âme. La fête de Noël apporte toujours la joie ! Dieu est là, transposé en langage humain. Les bienheureux qui sont au ciel doivent trépigner de ne pouvoir redescendre, alors qu’ils savent mieux que nous le prix d’une telle grâce.
D’après Antoine de Padoue
« Réjouissez-vous dans le Seigneur, je vous le redis : réjouissez-vous ! » (Ph 4,4) Double joie motivée par un double bienfait : le premier et le second avènement. Nous devons nous réjouir parce que le Seigneur, à son premier avènement, nous a apporté richesses et gloire. Nous devons nous réjouir encore parce que, à son second avènement, il nous donnera la longueur des jours sans fin. Comme le dit le proverbe : « La longueur des jours est dans sa droite, et sa gauche tient les richesses et la gloire. » (Pr 3, 16). La gauche, c’est le premier avènement, avec ses richesses glorieuses : l’humilité et la pauvreté, la patience et l’obéissance. La droite, c’est le second avènement, avec la vie éternelle. Le bras du Seigneur, c’est Jésus-Christ, par qui et en qui Dieu a fait toutes choses. Ô bras du Seigneur, ô Fils de Dieu, lève-toi : viens à nous de la gloire de ton Père.