La persévérance de l’apôtre

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D’après Jean Chrysostome

Un semeur est sorti semer son grain. Trois parts ont été perdues, une seule a fructifié. Mais le semeur ne plaint pas sa peine. Qu’importe, en effet, que du grain tombe sur le chemin, ou sur des pierres, ou dans les épines ? S’il se laissait décourager par ces endroits ingrats, il n’avancerait pas jusqu’à la bonne terre ! Il lui suffit qu’une partie soit conservée pour ne pas abandonner ses travaux. Car ce n’est pas peu de chose que le salut même d’une seule brebis. Le bon Pasteur a laissé les quatre-vingt-dix-neuf autres pour courir après la brebis égarée. Même s’il n’y en a qu’une, c’est toujours un homme, cet être si cher à Dieu, cet être pour qui le soleil, l’air, les sources et la mer ont été créés, cet être pour qui le Fils unique de Dieu s’est fait homme. Notre Maître a été immolé, son sang a été versé pour lui, et nous oserions mépriser qui que ce soit ?

D’après Élisabeth Leseur

J’ai devant moi une grande tâche et rien, humainement, pour m’aider à la remplir. Peut-être, un jour, aurai-je cette grande joie de voir la foi, qui est toute ma vie, comprise et partagée par ceux que j’aime tant. Mais, actuellement, tout ce que mon âme renferme de désirs, d’élans, de tendresses, doit rester enfermé en elle et ne se répandre que devant Dieu. Tout ce que cela représente de souffrances, je l’offre pour les âmes qui me sont si chères. Rien ne se perd, pas une souffrance, pas une larme... Mon Dieu, donnez un grand et chrétien bonheur à ces êtres bien-aimés !

D’après Vincent Rollin

La grande tentation est de s’impatienter et de vouloir brûler les étapes ou de se décourager, croyant qu’on n’y arrivera jamais. Il faut souvent prier et demander au Seigneur la grâce de « durer ». On perdrait courage sans le Seigneur qui nous redit comme au prophète Jérémie : « Ne dis pas : « Je ne sais pas porter la Parole, je suis un enfant... » mais va vers tous ceux à qui je t’enverrai ! N’aie aucune frayeur car je suis avec toi. » (Jr 1) L’isolement du missionnaire est parfois assez dur : ne jamais avoir de conversation normale, soit que l’on soit incapable d’exprimer ce que l’on veut dire par méconnaissance de la langue, soit que l’interlocuteur n’ait pas envie de dépasser le terre à terre de ses horizons, ce dont on ne saurait lui faire grief... Ne pas avoir la joie de voir son ministère porter des fruits.

D’après Élisabeth Leseur

Je veux me donner la grande joie, en dehors des âmes qui se sont confiées à moi ou qui me sont très chères et pour lesquelles je prie sans cesse, de choisir parfois une âme, très coupable de préférence ou très hostile, et de l’adopter spirituellement. Alors d’une façon spéciale, avec un pieux acharnement, j’offrirai souvent pour elle une part des actions ou des souffrances de mes journées, je prierai ou pratiquerai quelques mortifications. Il y a là tout un apostolat à pratiquer, très humble, très caché et que la grâce divine peut faire très fécond.

D’après François Libermann

Pour vivre de la vie d’homme apostolique, il faut une grande abnégation de soi-même : il faut conserver son âme dans la paix, dans la gaieté, au milieu des privations continuelles et fortement senties. Si vous saviez quelle est la valeur de la patience parmi les vertus apostoliques... Si vous savez patienter, vous êtes sûrs du succès et d’un succès solide et stable. Les herbes qui croissent vite acquièrent peu de développement et se détruisent promptement. Les arbres dont la croissance est lente, deviennent grands et puissants et durent des siècles. S’il vous arrive jamais d’avoir dans une mission un succès prompt et facile, tremblez pour cette mission ; lorsque, au contraire, elle demande du temps et offre des difficultés, augurez-en bien. Si vous avez la patience, vous êtes sûrs d’acquérir la sagesse de Dieu dans votre conduite et vos entreprises.