D’après Jean Cassien
Dieu n’a pas créé l’homme pour qu’il se perde, mais pour qu’il vive éternellement ; ce dessein demeure immuable… Il veut que tous les hommes soient sauvés (1 Tm 2, 4). Il ne veut pas qu’une seule âme périsse (Mt 18, 14). Il diffère l’exécution de ses décrets, afin que celui qui a été rejeté ne se perde pas sans retour (2 Sm 14, 14 ; 2 P 3, 9). Dieu est véridique, il ne ment pas lorsqu’il assure avec serment : « Je ne veux pas la mort du pécheur, mais qu’il se convertisse et qu’il vive ! » (Ez 33, 11) Peut-on alors penser, sans un sacrilège énorme, qu’il ne veuille pas le salut de tous entièrement mais seulement de quelques-uns ? Comme il veut que tous les hommes soient sauvés, il les appelle tous sans exception. La grâce du Christ est toujours à notre disposition. Quiconque se perd, se perd contre la volonté de Dieu.
D’après Gertrude d’Helfta
Un jour, je pris conscience de ma profonde misère, ce qui me causa un tel mépris de moi-même que je me demandais comment je pouvais plaire à Dieu qui, lui, là où je ne découvrais qu’une tache, en apercevait une infinité. La consolation me fut donnée de cette réponse divine : « L’amour rend l’aimé aimable. » Je compris que, si parmi les hommes, l’amour a tant de force que l’aimé, bien qu’imparfait, plaît à l’amant, comment douter que celui qui est Amour, ne puisse, par la vertu de son amour, rendre aimable ceux qu’il aime ? Et voilà que le Seigneur s’inclina vers moi avec tant de révérence que toute la cour céleste, comme prise d’étonnement, s’appliquait à le retenir. À quoi le Seigneur répondit : « Je ne puis absolument pas m’empêcher de rejoindre celle qui, par les cordes solides de l’humilité, tire jusqu’à elle mon cœur divin. »
D’après Vincent de Paul
L’espérance est une vertu théologale par laquelle nous espérons que Dieu nous donnera les grâces qu’il faut pour arriver à la vie éternelle. Et cette vertu d’espérance, voyez-vous, doit être pleine de confiance, croyant sans hésiter que Dieu nous fera la grâce d’arriver au ciel, pourvu que nous nous servions des moyens qu’il nous donnera. Et cela, nous sommes obligés de le croire, que Dieu veut nous faire toutes les grâces nécessaires pour nous sauver. De n’être pas assez forts en l’espérance et de penser que Dieu ne pense pas à notre salut, c’est là une défiance qui lui déplaît. L’espérance est donc d’espérer de la bonté de Dieu qu’il accomplira les promesses qu’il nous a faites.
D’après Gertrude d’Helfta
Comme on lisait dans l’évangile : « Marie Madeleine regarda dans le tombeau et vit deux anges. » (Jn 20, 11-12), Gertrude dit au Seigneur : « Où est ce tombeau où il me faut regarder afin de trouver la consolation et la joie ? » Alors le Seigneur lui montra la plaie de son côté. Et comme elle se penchait à l’intérieur, elle perçut deux paroles : « Tu ne pourras jamais être séparée de ma communion. » Et : « Toutes tes œuvres me plaisent de manière absolument parfaite. » De cela, étant imparfaite, elle fut pleine de doutes. Le Seigneur lui dit : « Supposons que tu tiennes en main un objet : tu peux facilement l’améliorer. Il en va de même pour moi : du fait que tu as l’habitude de me confier tes œuvres, je les tiens en ma main, et je prends plaisir à améliorer toutes tes œuvres, de telle sorte que je peux, à juste titre, m’y complaire, moi et tous les habitants du ciel. »
D’après Pierre Vigne
Le Fils de Dieu est descendu du plus haut du Ciel jusqu’ici-bas pour nous donner la vie… Il s’est abaissé jusqu’au point de se mettre au-dessous des anges, et d’être même le serviteur de l’homme… Il a donné ainsi à notre cœur la chaleur de son amour… Il nous a fait voir les merveilles de sa justice et de sa miséricorde, que nous devons louer à jamais. Ce n’est pas pour racheter des créatures plus nobles que nous qu’il a réalisé ce grand miracle de charité, ce n’est pas pour les démons qui se sont perdus… C’est pour nous, pauvres que nous sommes, qu’il est descendu des Cieux… C’est pour nous qui sommes atteints d’ingratitude… Ô miséricorde infinie de mon Dieu ! Ne devrais-je pas toujours te louer ?