dizaine 1
D’après Césaire d’Arles
Il y a beaucoup de choses qu’à cause de notre faiblesse nous n’arrivons pas à accomplir ; mais, si nous le voulons vraiment, nous pouvons toujours, avec l’inspiration de Dieu, trouver de l’amour dans notre cœur. Quand il a parlé de la sainteté, le Christ ne nous a pas dit : « Allez jusqu’à l’Orient, et cherchez l’amour ; naviguez vers l’Occident, et vous trouverez l’amour. » Non, il nous envoie à l’intérieur de nous-mêmes, dans notre cœur, car il a placé en nous ce qu’il nous demande. Il s’agit simplement, avec l’aide de Dieu, de donner la première place à la bonté plutôt qu’au mal, à la patience plutôt qu’à la colère, à la bienveillance plutôt qu’à l’envie, à l’humilité plutôt qu’à l’orgueil.
dizaine 2
D’après Teresa de Calcutta
Quoi que tu fasses, y compris aider quelqu’un à traverser la route, y compris donner un verre d’eau fraîche, c’est à Jésus que tu le fais. Petit précepte de rien du tout, et pourtant crucial, toujours plus illuminateur. Qu’importe si notre travail est modeste, humble : si nous le faisons avec l’amour du Christ lui-même, ce travail devient éternel ! Qu’avons-nous à apprendre pour être saint ? Simplement à être doux et humble ! Si nous le devenons, nous apprendrons à prier ; en apprenant à prier, nous appartiendrons à Jésus ; en appartenant à Jésus, nous apprendrons à aimer, nous apprendrons à servir.
dizaine 3
D’après Grégoire le Grand
Que personne ne se dise : « Je voudrais bien imiter ceux qui se détachent de grands biens, mais qu’est-ce que je peux abandonner ? Je ne possède rien. » Nos biens extérieurs, si petits soient-ils, suffisent aux yeux du Seigneur, car c’est le cœur qu’il regarde, et non la fortune : il ne regarde pas combien nous lui sacrifions, mais combien d’amour nous incite à faire notre sacrifice… Le royaume de Dieu n’a pas de prix : il te coûte seulement ce que tu as ! Il a coûté à Pierre et à André l’abandon de leur barque et de leurs filets ; il a coûté à la veuve deux piécettes d’argent. Quoi donc de plus facile à acquérir ? Et même si nous n’avons qu’un verre d’eau fraîche à offrir, la parole de Dieu nous apaise… Aux yeux de Dieu, la main n’est jamais vide de présents si le fond du cœur est rempli de bonne volonté.
dizaine 4
D’après Jacques-Bénigne Bossuet
Une pauvre veuve donna deux petites pièces : elle a plus donné que tous, nous dit le Christ. Une petite pièce vaut donc mieux que les plus riches présents. N’avez-vous pas une piécette à donner ? Un désir, un soupir, un mot de douceur, un témoignage de compassion ? Si tout cela est sincère, il vaut la vie éternelle. Oh que l’homme est riche et quels trésors il a en main ! Heureux les chrétiens d’avoir un maître qui sait si bien faire valoir les bonnes intentions de ses serviteurs ! Voilà les aumônes que Jésus Christ loue : celles où l’on prend sur soi, car de telles aumônes méritent le nom de sacrifice.
dizaine 5
D’après Rafael Arnaiz Barón
Très souvent, si nous ne pratiquons pas la vertu, c’est dû à notre manière d’être compliquée. Très souvent, nous n’arrivons pas à saisir la magnificence qui se cache dans un acte tout simple. Nous cherchons ce qui est grand dans ce qui est compliqué, dans ce qui est difficile… La vertu, comme il me semblait difficile de vivre cela ! Mais, pour avoir la vertu, il n’est pas nécessaire de faire un plan de carrière ni de se consacrer à de longues études, il suffit de l’acte simple de vouloir… Pourquoi donc n’avons-nous pas plus souvent la vertu ? Parce que nous ne voulons pas ce qui est simple, parce que nous compliquons nos désirs ! Notre volonté se laisse entraîner par ce qui lui plaît, par ce qui est commode, par ce qui n’est pas nécessaire, et très souvent par les désirs déréglés… Si nous le voulions, nous serions saints, et c’est beaucoup plus difficile d’être ingénieur que d’être saint.