D’après Grégoire le Grand
Voici qu’ayant ouvert les yeux de la foi, je contemple David, Amos, Daniel, Pierre, Paul et Matthieu, et je veux m’arrêter à examiner quel artisan est l’Esprit, mais je ne puis accomplir un tel examen. Car il envahit un jeune joueur de cithare, et il en fait un psalmiste (1 S 16, 18). Il remplit un bouvier occupé à tailler les sycomores, et il en fait un prophète (Am 7, 14). Il remplit un sobre jeune homme, et il en fait le juge des vieillards (Dn 13, 45-64). Il remplit un pêcheur, et il en fait le prédicateur des nations (Mt 4, 19). Il remplit un persécuteur, et il en fait le docteur des nations (Ac 9, 1-15). Il remplit un publicain, et il en fait un évangéliste (Lc 5, 27-28).
D’après Rupert de Deutz
À tous les apôtres réunis, le Christ, qui est la Vérité, dit : « L’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, vous enseignera toutes choses. » (Jn 14, 26) Et, en effet, au moment où le feu divin s’est posé sur chacun d’eux (Ac 2, 3), ils ont vu d’un seul coup d’œil, par une illumination intérieure, toutes les Saintes Écritures. Ils ont pénétré ces secrets qui restaient fermés aux Pharisiens et aux Docteurs de la Loi. « Tu as caché ces choses aux sages et aux savants, et tu les as révélées aux tout petits. » (Mt 11, 25) Ces hommes sans lettres n’étaient donc pas enseignés par des hommes, mais instruits merveilleusement par l’Esprit Saint, l’Esprit d’intelligence (Is 11, 2) qui leur ouvrait le trésor des Écritures. C’est pourquoi, ils ont le droit d’être reçus et écoutés par nous comme la bouche de Dieu même (cf. Lc 10, 16).
D’après Jean-Émile Anizan
« Tous ceux qui sont mus par le Saint-Esprit, dit saint Paul, sont les enfants de Dieu. » Nous avons besoin de l’assistance du Saint-Esprit. C’est lui en effet qui éclaire, conseille, attire et donne la force de suivre ses impulsions. C’est lui qui opère dans les âmes par ses dons et qui donne aux apôtres la lumière et la fécondité. N’est-ce pas lui qui, à la Pentecôte, a transformé les disciples de Jésus-Christ si manifestement inférieurs à leur mission et en a fait les convertisseurs du monde ? C’est lui qui continue cette grande œuvre à travers les siècles et qui peut opérer en nous, malgré notre insuffisance, comme dans les apôtres. Recourons souvent au Saint-Esprit.
D’après Bernard de Clairvaux
Le Saint-Esprit est venu sur les Apôtres sous la forme de langues de feu. Est-il besoin de le dire ? C’est pour nous, plus que pour eux, qu’a eu lieu cette manifestation. En effet, pourquoi leur ont été donné les langues étrangères, sinon pour convertir les peuples ? Mais il y a une autre révélation qui les a touchés plus intimement, et c’est à travers elle qu’aujourd’hui encore l’Esprit se manifeste à nous. C’était alors clair pour tous – et ça l’est donc aussi pour nous – qu’ils avaient été revêtus de « la force d’en haut » (Lc 24, 49) quand, d’un esprit si peureux, ils sont passés à une telle assurance. Ils ne fuient plus, ils ne se cachent plus par crainte ; à présent, ils déploient plus d’énergie à prêcher qu’ils n’en déployaient naguère à s’enfuir.
D’après Madeleine Daniélou
Il faut que le disciple soit configuré à son Maître ; c’est là l’œuvre propre de l’Esprit Saint. Il s’agit d’attraits, de motions qui nous permettent de dépasser la pratique ordinaire des vertus, d’atteindre un certain degré qui ne s’obtient vraiment que par voie passive. Il y a un point où la pureté du cœur devient la transparence ; où le courage à entreprendre et poursuivre certains travaux touche à l’héroïsme ; où le détachement s’appelle souveraine liberté ; où la patience dans certaines épreuves particulièrement humiliantes, durables et cruelles, évoque la pensée du martyre. Nous ne sommes alors pas portés par nos forces naturelles, par une grâce ordinaire, mais bien par l’action du Saint-Esprit qui peu à peu dessine en nous la précieuse ressemblance du Christ.