Le bon usage des richesses

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D’après Basile le Grand

Tu es un gérant en faveur de tes compagnons de service. Ne crois pas que tous les biens que tu possèdes sont destinés à ta propre consommation… Imite la terre, homme ; porte des fruits comme elle ; ne te montre pas plus dur qu’une matière inanimée. D’autant plus que la terre ne mûrit pas ses fruits pour en jouir elle-même. Alors que toi, en fait, tu recueilles des fruits de ta générosité, puisque la récompense des bonnes actions retombe sur ceux qui les accomplissent. Comme le grain jeté dans le sillon profite au semeur, de même le pain tendu à l’affamé te rapporte un gain immense, plus tard. Quand donc le temps des moissons arrive sur la terre, c’est le moment pour toi de semer là-haut dans le ciel, selon le mot du prophète Osée : « Faites-vous des semailles de justice. »

D’après Basile le Grand

« Insensé, cette nuit même on te redemandera ta vie, et ce que tu as amassé, qui donc l’aura ? » Cet homme qui va être enlevé de ce monde dans si peu de temps, quels projets agite-t-il dans son esprit ? « Je vais démolir mes greniers et j’en rebâtirai de plus grands. » Moi, je lui dirais volontiers : « Tu fais bien, car les greniers de l’injustice ne méritent que d’être démolis. De tes propres mains, laisse s’écrouler tes réserves de blé qui n’ont jamais soulagé personne. Fais disparaître tout bâtiment qui abrite ton avarice, enlève les toits, renverse les murs, expose au soleil le blé qui moisit, sors de leur prison les richesses qui y étaient captives… Si tu le veux, tu as pour greniers les maisons des pauvres ! Amasse-toi des trésors dans le ciel : là, les vers ne mangent pas, la rouille ne ronge pas, les voleurs ne dérobent pas. »

D’après Teresa de Calcutta

Il ne faut pas se satisfaire de donner de l’argent ; l’argent n’est pas assez, car on peut en trouver. C’est de nos mains que les pauvres ont besoin pour être servis, c’est de nos cœurs qu’ils ont besoin pour être aimés. La religion du Christ est l’amour, la contagion de l’amour. Ceux qui peuvent s’offrir une vie aisée ont sans doute leurs raisons. Ils peuvent l’avoir gagnée par leur travail. Je ne suis en colère que devant le gaspillage, devant ceux qui mettent aux ordures ce qui pourrait nous être utile. J’essaie de donner aux pauvres, par amour, ce que les riches pourraient obtenir par l’argent. Certes, je ne toucherais pas un lépreux pour un million ; mais pour l’amour de Dieu, je le soigne volontiers.

D’après Paulin de Nole

« Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » nous dit saint Paul. Ne soyons donc pas avares de nos biens comme s’ils nous appartenaient… On nous en a seulement confié la charge. Nous avons l’usage d’une richesse commune, non la possession éternelle d’un bien propre. Si tu reconnais que ce bien n’est à toi ici-bas que pour un temps, tu pourras acquérir au ciel une possession qui n’aura pas de fin. Que pourrions-nous considérer comme nôtre, puisque, en vertu d’une dette énorme et privilégiée, nous ne nous appartenons même pas ? Car Dieu nous a créés, et il nous a aussi rachetés. Rendons donc au Seigneur ce qu’il nous a donné : donnons à celui qui reçoit en la personne de chaque pauvre. Donnons avec joie, pour recevoir de lui dans l’allégresse éternelle, comme il l’a promis.

D’après Paulin de Nole

Souvenons-nous de cette veuve qui s’oubliait elle-même au point de donner tout ce qui lui restait pour vivre. Les autres avaient donné de leur superflu. Mais elle, plus pauvre peut-être que beaucoup de pauvres, elle était plus riche dans son cœur que tous les riches. Désirant les trésors du ciel, elle a renoncé à tout ce qu’elle possédait, comme à des biens venant de la terre et retournant à la terre. Elle a donné ce qu’elle avait pour posséder ce qu’elle ne voyait pas ; elle a donné des biens périssables pour acquérir des biens immortels. Cette petite pauvre n’a pas oublié les moyens prévus et disposés par le Seigneur pour obtenir la récompense future. C’est pourquoi le Seigneur, lui non plus, ne l’a pas oubliée, et déjà le juge du monde a prononcé d’avance sa sentence : il fait l’éloge de celle qu’il couronnera au jour du jugement.