D’après Madeleine Daniélou
Notre Seigneur n’a rien méprisé de l’œuvre de son Père, ni le passereau léger, ni l’humble lis des champs, ni les dernières lueurs de la mèche qui s’éteint. Mais il a toujours rappelé la distance infinie qui sépare ce qui est fragile et périssable des biens éternels, qui seuls n’ont pas de prix. Cette primauté du spirituel, c’est le fond du message de Jésus : ce rappel ou plutôt cette révélation d’une Bonté première, seule absolue, seule incorruptible, par rapport à laquelle toute autre bonté, réelle pourtant, pâlit et s’efface, comme la lueur des étoiles quand paraît le soleil. « Dieu seul est bon », dit Notre Seigneur au jeune homme qui l’interrogeait anxieusement sur le sens qu’il devait donner à sa vie. Ainsi, par son enseignement, par un mot, un geste parfois, par sa seule présence, il a rétabli la hiérarchie des valeurs, il a fait apparaître toutes choses en leur vraie place, en leurs vraies proportions.
D’après Marguerite Hoppenot
Tous les êtres sont habités par des soifs d’exister davantage, soifs d’aimer et d’être aimés, soifs de créer, soifs d’être libres, soifs de communiquer, soifs de lumière aussi. Toutes ces soifs d’« être plus » qui sont des soifs intimes de l’être humain, sont en réalité des soifs de Dieu qui ne disent pas leur nom. « Dieu est amour » et « l’homme est créé à son image » (1 Jn 4, 8 ; Gn 1, 27). Dieu est l’aimant et nous sommes la limaille. Il y a une mutuelle attraction entre l’aimant et la limaille. Il y a une parenté vitale entre l’Être divin et l’être humain. Créé à l’image de Dieu qui est amour, l’être humain porte en lui un germe de vie divine, un germe d’amour.
D’après François-Xavier Nguyên Van Thuân
Même si notre époque ne s’oppose pas à la religion ni ne la persécute, elle ne manifeste à son égard qu’indifférence. Elle lui a substitué la recherche de biens matériels. Jour et nuit, tous courent après la jouissance, la consommation, le luxe, la facilité. Les biens matériels donnés par Dieu sont des moyens qu’il livre à ses enfants pour leur bonheur en ce monde et pour le service de leurs frères. Beaucoup d’hommes, au contraire, leur accordent une valeur absolue et investissent en eux toutes les ressources de leur sagesse et de leur intelligence. Les biens matériels deviennent ainsi leurs idoles, les nouveaux dieux qui régentent leur existence. Jésus les avait pourtant prévenus : « Insensé, cette nuit-même, on va te redemander ton âme. »
D’après Marguerite Hoppenot
Le Christ n’appelle pas ceux qui ont du temps libre ou ceux qui n’ont plus de problèmes… Le Christ nous appelle tous et plus précisément ceux qui, dans la vie, sont en plein combat. Il appelle non pas les satisfaits, les comblés de l’existence, ceux auxquels il ne manque rien et qui, alors, n’attendent rien. Mais, tout au contraire, les pauvres sur un plan ou sur un autre : ceux qui éprouvent un manque, un vide, une attente, et qui sont alors en état d’accueillir, d’entendre l’appel et de s’ébranler. Le Christ a toujours la nostalgie des pécheurs, de ceux qui ne sont pas sûrs d’être bien-pensants, bien en règle… Il appelle à lui ceux qui attendent le plus, qu’ils soient petits ou grands pécheurs, que lui importe ! Il a toujours en lui la soif de se donner. Il lui faut simplement rencontrer en nous une « soif » à la dimension de son amour !
D’après Raymond Halter
La Bible nous enseigne qu’il y a, en chaque homme, une part spirituelle : l’esprit. En lui, je suis en relation avec Dieu ; en lui, tout le mystère de Dieu rejoint mon mystère. Il est le lieu de la prière, le lieu de la conversation avec celui qui est la source de mon être, avec celui d’où me vient tout bien, toute vie, tout amour… Lorsque cet esprit est comme desséché, parce qu’il n’est pas en relation avec Dieu, c’est une catastrophe pour la personne. Il faut dire que c’est le malheur le plus grand qui puisse arriver à quelqu’un : ce lieu de la rencontre avec la source, lorsqu’il n’existe plus dans une personne, il y a toute une dimension d’elle-même qui n’existe plus. Là est la véritable maladie de la personne !