L’hospitalité

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D’après Ambroise de Milan

Au temps où la famine désolait la terre entière, pourquoi Élie a-t-il été envoyé chez la veuve de Sarepta ? En lui-même, le veuvage ne mérite pas de louange… sauf s’il s’y ajoute des vertus. Eh bien, c’est agir saintement que d’obéir au précepte d’hospitalité et faire honneur à nos hôtes. Ne sommes-nous pas nous-mêmes des hôtes ici-bas ? Elle est donc parfaite, cette veuve ! Accablée par une grande famine, elle continue pourtant à vénérer Dieu. Elle ne garde pas ses provisions pour elle seule, mais elle partage avec son fils. Bel exemple de tendresse ! Mais plus bel exemple encore de foi ! Elle ne préfère personne à son fils, et voilà qu’elle met le prophète au-dessus de sa propre vie. Dieu est particulièrement sensible à l’hospitalité.

D’après Origène

Abraham, quand il a vu les trois hommes debout devant lui, n’a pas pris lui-même de l’eau pour laver les pieds des étrangers : « Qu’on apporte de l’eau et qu’on vous lave les pieds. » Joseph lui non plus n’a pas apporté d’eau pour laver les pieds de ses onze frères ; c’est son intendant qui leur a apporté de l’eau pour se laver les pieds. Mais celui qui a déclaré : « Je suis venu non pour être servi mais pour servir. » (Mt 20, 28), verse lui-même l’eau dans le bassin. Au cours d’un repas, il se lève de table et se dépouille de ses vêtements, prenant l’apparence d’un esclave, pour laver les pieds de ses disciples. Il sait que personne, sauf lui, ne peut laver les pieds des disciples pour que cette purification leur permette d’avoir part avec lui.

D’après Benoît de Nursie

Tous les hôtes qui arrivent seront reçus comme le Christ, car lui-même dira un jour : « J’ai demandé l’hospitalité et vous m’avez reçu. » (Mt 25, 35) On rendra à chacun l’honneur qui lui est dû, surtout aux frères dans la foi et aux pèlerins. On témoignera à tous les hôtes une profonde humilité et, soit à leur arrivée, soit à leur départ, c’est par une inclination de tête ou une prostration du corps qu’on adorera en eux le Christ même qu’on reçoit en leur personne. Les hôtes ayant été ainsi accueillis, on les conduira à la prière. L’abbé versera de l’eau sur les mains des hôtes. On recevra avec une sollicitude et un soin particuliers les pauvres et les voyageurs étrangers, parce que c’est principalement en leur personne qu’on reçoit le Christ.

D’après Augustin d’Hippone

Marthe a reçu le Seigneur. Le Seigneur, en effet, a voulu prendre la forme d’un serviteur afin de pouvoir être nourri par des serviteurs. Voici donc le Seigneur accueilli comme un hôte. « Il est venu parmi les siens, et à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu. » (Jn 1, 11-12) Les serviteurs ainsi adoptés devenaient ses frères. Mais que personne d’entre vous ne dise : « Heureux ceux qui ont eu la chance de recevoir le Christ en leur propre maison ! » N’aie donc point de peine, ne te lamente pas d’être né à une époque où tu ne peux plus voir le Seigneur en chair et en os. Il ne t’a pas retiré sa faveur, lui qui a déclaré : « Tout ce que vous avez fait au plus petit d’entre mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. » (Mt 25, 40)

D’après Césaire d’Arles

Le Christ, c’est-à-dire la miséricorde céleste, vient chaque jour à la porte de ta maison, car chaque fois qu’un pauvre s’approche de ta maison, c’est le Christ qui vient. N’endurcis donc pas ton cœur ! Donne un peu d’argent au Christ, dont tu désires recevoir le Royaume ; donne un morceau de pain à celui dont tu espères recevoir la vie ; accueille-le dans ton logement, afin qu’il te reçoive dans son paradis ; donne-lui l’aumône pour qu’il te donne en retour la vie éternelle. Quelle audace de vouloir régner dans le ciel avec celui auquel tu refuses ton aumône en ce monde ! Si tu le reçois pendant ce voyage terrestre, il t’accueillera dans son bonheur céleste ; si tu le méprises ici dans ta patrie, il détournera son regard de toi dans sa gloire. Fais donc miséricorde ici-bas ; grâce à ta générosité, tu t’entendras dire cette heureuse parole : « Viens, reçois en héritage le Royaume. »