D’après Jean Chrysostome
L’humilité commence lorsque quelqu’un, qui sait qu’il a fait beaucoup de grandes choses, n’en tire pas une haute idée de lui-même. Voilà en quoi consiste l’humilité : en dépit de la grandeur de nos actes, nous abaisser nous-mêmes en esprit. Pour que tu apprennes combien il est bon de ne pas avoir une haute idée de soi-même, représente-toi deux chars. Attelle à l’un la vertu et l’orgueil, à l’autre le péché et l’humilité. Tu verras l’attelage du péché devancer celui de la vertu ; non certes par sa propre puissance, mais par la force de l’humilité qui l’accompagne ; et tu verras l’autre dépassé non à cause de la faiblesse de la vertu, mais à cause du poids et de l’énormité de l’orgueil.
D’après François d’Assise
Je supplie tous mes frères – ceux qui prêchent, ceux qui prient, ceux qui travaillent manuellement – de s’appliquer à l’humilité en tout : de ne pas se glorifier, se réjouir, s’enorgueillir intérieurement des bonnes paroles et des bonnes actions, ni même d’aucun bien que Dieu dit, fait ou accomplit en eux ou par eux. Selon la parole du Seigneur, « ne vous réjouissez pas de ce que les esprits mauvais vous sont soumis ». Soyons-en fermement convaincus : nous n’avons à nous que le mal et les péchés. Tous les biens, rendons-les au Seigneur Dieu très-haut et souverain ; reconnaissons que tout bien lui appartient ; rendons-lui grâce pour tout bien ! Car tout bien est à lui qui seul est bon (Mc 10, 18).
D’après Jean Cassien
« Apprenez de moi », dit le Christ, non pas à chasser les démons ni à ressusciter les morts, mais « que je suis doux et humble de cœur ». Voilà, en effet, ce qu’il est possible à tous d’apprendre et de pratiquer. Alors que faire des miracles, cela n’est pas toujours nécessaire, ni avantageux à tous, et n’est donc pas accordé à tous. C’est donc l’humilité qui est la maîtresse de toutes les vertus. Celui qui la possède pourra faire, sans péril d’élèvement, tous les miracles que le Christ a opérés, parce qu’il cherche à imiter le doux Seigneur, non dans la sublimité de ses prodiges, mais dans la vertu de patience et d’humilité. Par contre, pour celui qui est impatient de montrer aux foules quelque signe merveilleux, il peut bien invoquer le nom du Christ au milieu de toute son ostentation, il est étranger au Christ, parce que son âme orgueilleuse ne suit pas le maître de l’humilité.
D’après François d’Assise
Frères, gardons-nous donc de tout orgueil et de toute vaine gloire. Celui qui est esclave de ses tendances égoïstes met beaucoup d’application à tenir des discours, mais beaucoup moins à passer aux actes. Au lieu de rechercher la religion et la sainteté intérieures de l’esprit, il désire une religion et une sainteté extérieures bien visibles aux yeux des hommes. C’est d’eux que le Seigneur dit : « Je vous le dis en vérité, ils ont reçu leur récompense. » (Mt 6, 2) Celui, au contraire, qui est docile à l’esprit du Seigneur veut mortifier ce qui est égoïste. Il s’applique à l’humilité et à la patience, à la pure simplicité et à la paix véritable de l’esprit. Ce qu’il désire toujours et par-dessus tout, c’est la crainte filiale de Dieu.
D’après Vincent Rollin
Tout perdre, même la sympathie ambiante, le succès auprès des autres, l’influence même sanctifiante, les succès missionnaires, la joie de voir mes idées de renouveau évangélique l’emporter sur le statisme actuel… Tout perdre pour ne plus rien avoir, ne plus rien être par moi-même, pour être tout à lui, pour sentir que par moi-même je ne suis rien : ne pas me sentir « assuré », mais dépendant totalement de lui. N’étant qu’à lui, je serai tout à tous, puisque lui-même m’appelle à tous mes frères, à commencer par les plus proches : les prêtres de ce presbyterium autour de l’évêque et les laïcs chrétiens ou bouddhistes à qui je suis envoyé. Accepter de m’enfouir, de passer inaperçu : qu’on ne s’occupe pas de moi ; que je ne m’occupe pas de moi. Ne m’occuper que du Seigneur et de tout ce que le Seigneur veut que je sois avec mes frères.