D’après François de Sales
Dieu pouvait nous racheter par mille autres moyens que celui de la mort de son Fils ; mais il ne l’a pas voulu, car ce qui était suffisant à notre salut ne l’était pas à assouvir son amour. Et pour nous montrer combien il nous aimait, ce divin Fils est mort de la mort la plus rude et ignominieuse qui est celle de la croix. Quelle conséquence pourrons-nous tirer de cela, sinon que, puisqu’il est mort d’amour pour nous, nous mourions aussi d’amour pour lui, ou, si nous ne pouvons mourir d’amour, que du moins nous ne vivions autrement que pour lui ? C’est de quoi se plaignait le grand saint Augustin : « Seigneur, disait-il, est-il possible que l’homme sache que vous êtes mort pour lui et qu’il ne vive pas pour vous ? » Et ce grand amoureux, saint François : « Ah, disait-il en sanglotant, vous êtes mort d’amour et personne ne vous aime ! »
D’après André de Crète
Venez, gravissons ensemble le mont des Oliviers ; allons à la rencontre du Christ. Il revient aujourd’hui de Béthanie et il s’avance de son plein gré vers sa sainte et bienheureuse Passion, afin de mener à son terme le mystère de notre salut. Alors, courons avec lui qui se hâte vers sa Passion ; imitons ceux qui allèrent au-devant de lui. Non pas pour étendre sur son chemin, comme ils l’ont fait, des rameaux d’olivier, des vêtements ou des palmes. C’est nous-mêmes qu’il faut abaisser devant lui, autant que nous le pouvons, par l’humilité du cœur et la droiture de l’esprit, afin d’accueillir le Verbe qui vient, afin que Dieu trouve place en nous.
D’après Cyrille de Jérusalem
Prenez la croix pour fondement inébranlable de votre foi, et sur elle construisez votre doctrine et votre croyance. Gardez-vous de nier la réalité de la Passion du Sauveur et de sa mort. Car vous soulèveriez contre vous mille redoutables témoins. Judas, le traître, se lèverait aussitôt le premier pour vous confondre. Lui qui l’a livré, sait que ce n’est pas un fantôme que les anciens du peuple ont condamné. Il vous montrerait les trente deniers, prix de sa trahison. Et je ne vous dis rien encore du mont des Oliviers, témoin de sa prière nocturne ; de cette lune qui éclairait son agonie ; du feu près duquel Pierre se chauffait ; du soleil qui, épouvanté, refusa au monde sa lumière.
D’après Dina Bélanger
Le Seigneur n’est pas compris ! Non, le cœur si tendre et si bon de l’Époux adorable n’est pas connu ! Jésus a choisi la croix comme un bien sacré, il l’a étreinte avec passion, il l’a aimée jusqu’à la folie ; et cela pour nous. Et quand il nous présente une parcelle de cette richesse mystique, nous hésitons à tendre la main. Hélas ! la nature humaine déchue est un abîme de ténèbres. Dieu le sait. C’est pourquoi sa miséricorde a toujours compassion de notre aveuglement, et malgré nos répugnances naturelles, il nous offre et même nous oblige à recevoir l’inestimable bienfait de la croix.
D’après Benoît XVI
Seigneur Jésus Christ… nous sommes attachés à notre vie. Nous ne voulons pas l’abandonner, mais la garder totalement pour nous-mêmes. Nous voulons la posséder, non l’offrir. Mais tu nous précèdes et tu nous montres que c’est seulement en donnant notre vie que nous pouvons la sauver… Libère-nous de la peur que notre vie puisse nous échapper, si nous ne saisissons pas tout ce qu’elle offre. Aide-nous à ne pas nous faire les maîtres de la vie, mais à la donner. En t’accompagnant sur le chemin du grain de blé qui tombe en terre pour donner beaucoup de fruit (Jn 12, 24), aide-nous à trouver, « en perdant notre vie », le chemin de l’amour, le chemin qui nous procure véritablement la vie, la vie en abondance (Jn 10, 10).