Pardonner pour être pardonné

Le chapelet complet est disponible :

sur YouTube.

D’après Jean-Marie Vianney

Le bon Dieu ne pardonnera qu’à ceux qui auront pardonné : c’est la Loi. Les saints n’ont point de haine, point de fiel ; ils pardonnent tout et trouvent toujours qu’ils en méritent bien davantage pour les offenses qu’ils ont faites au bon Dieu. Dès qu’on hait son prochain, Dieu nous rend cette haine : c’est un trait qui se retourne contre nous. Je disais un jour à quelqu’un : « Mais vous ne voulez donc pas aller au ciel, puisque vous ne voulez pas voir cet homme ? – Oh ! si, mais nous tâcherons d’être loin l’un de l’autre, de ne pas nous voir. » Ils n’auront pas cette peine : car la porte du ciel est fermée à la haine. Dans le ciel, il n’y a pas de rancune. Aussi, les cœurs bons et humbles qui reçoivent les injures et les calomnies avec joie ou indifférence, commencent leur paradis dans ce monde, et ceux qui conservent de la rancune sont malheureux.

D’après Jean Chrysostome

Le Christ nous demande de condamner nos péchés, puis de pardonner ceux des autres, ce qui sera alors plus facile, car celui qui pense à ses péchés sera moins sévère pour son compagnon de misère.

Le Christ nous demande de pardonner, non seulement de bouche, mais du fond du cœur, pour ne pas laisser la rancœur naître en nous. Quel mal, en effet, ton ennemi peut-il te faire qui soit comparable à celui que tu te fais toi-même par ton aigreur ? Nous nous punissons nous-mêmes en haïssant les autres ; nous nous faisons du bien à nous-mêmes en les aimant.

D’après Cyprien de Carthage

Le Seigneur nous oblige à remettre nous-mêmes les dettes de nos débiteurs, comme nous, nous demandons qu’on nous remette les nôtres (Mt 6, 12). Nous devons savoir que nous ne pouvons pas obtenir ce que nous demandons à propos de nos péchés, si nous n’en faisons pas autant pour ceux qui ont péché envers nous. C’est pourquoi le Christ dit ailleurs : « C’est la mesure dont vous vous servirez qui servira de mesure pour vous. » (Mt 7, 2) Et le serviteur qui, après avoir été libéré de toute sa dette, n’a pas voulu à son tour remettre celle de son compagnon de service, est jeté en prison. Parce qu’il n’a pas voulu faire grâce à son compagnon, il a perdu ce dont son maître lui avait fait grâce.

D’après François d’Assise

Voici à quoi je reconnaîtrai que tu aimes le Seigneur : si n’importe quel frère au monde, après avoir péché autant qu’il est possible de pécher, peut rencontrer ton regard, demander ton pardon et te quitter pardonné. S’il ne demande pas pardon, demande-lui, toi, s’il veut être pardonné. Et même si après cela, il péchait encore mille fois contre toi, aime-le plus encore, et cela pour l’amener au Seigneur. Aimer vraiment son ennemi, c’est d’abord ne pas se chagriner des torts qu’on a subis soi-même ; c’est ressentir douloureusement le péché que l’autre a commis comme une offense à l’amour de Dieu ; et c’est prouver, par des actes, qu’on l’aime toujours. Ainsi, si un frère commet un péché contre toi, témoigne-lui beaucoup de bonté et tiens soigneusement caché son péché.

D’après Jean Chrysostome

Après que les hommes eurent refusé d’entendre son Fils, Dieu n’a pas fait éclater sa colère. Il persiste à les appeler. Qui donc ne s’émerveillerait pas devant tant de sollicitude ? Ils ont égorgé le Fils unique et le Père ne s’est pas détourné des meurtriers ; il n’a pas dit : « Désormais, il est juste que je les abandonne. » C’est le contraire qu’il a fait, et le Christ ayant quitté la terre, c’est nous, ses ministres (cf. 2 Co 5, 18), qui sommes chargés de le remplacer. Quel amour qui surpasse toute parole ! Qui était l’insulté ? Lui-même. Et qui a fait le premier pas vers la réconciliation ? C’est lui. Malgré le si grand nombre de nos péchés, il ne nous a pas frappés de sa vengeance, mais il s’est encore réconcilié avec nous ; non content d’annuler notre dette, il l’a même tenue pour rien. Ainsi devons-nous pardonner à nos ennemis, si nous voulons obtenir nous-mêmes ce large pardon.