Pardonner pour imiter Dieu

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D’après Augustin d’Hippone

« Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, il fait pleuvoir sur les justes et les injustes. » (Mt 5, 45) Il montre sa patience ; il ne déploie pas sa toute-puissance. Toi aussi, renonce à la provocation. Es-tu ami de la paix ? Tiens-toi tranquille au-dedans de toi-même. Laisse de côté les querelles et tourne-toi vers la prière. Ne réponds pas à l’injure par l’injure, mais prie pour cet homme. Tu voudrais lui parler ? Je ne dis pas de te taire ; choisis l’endroit qui convient et parle-lui par un cri du cœur : « Quelle que soit ton inimitié, tu es mon frère. Tu as beau me haïr et me repousser, tu es mon frère ! Un frère querelleur, mais tu es mon frère. Nous avons un seul Père, pourquoi ne sommes-nous pas un ? Pourquoi n’avons-nous pas ensemble une seule paix ? Je t’en prie, renonce à ce que tu fais contre moi. »

D’après Pie XII

Imitons l’immensité de l’amour de Jésus, lequel s’étend si largement que, sans exclure personne, il embrasse dans l’Église, son Épouse, le genre humain tout entier. Sans doute, il ne manque pas de gens qui vantent la lutte, la haine et la jalousie comme moyen de soulever, d’exalter la dignité et la force de l’homme. Mais nous qui discernons avec douleur les fruits lamentables de cette doctrine, suivons notre Roi pacifique qui nous a enseigné, non seulement à aimer ceux qui n’appartiennent pas à la même nation ou à la même origine (Lc 10, 33s), mais à aimer même nos ennemis (Lc 6, 27s). Célébrons avec saint Paul, l’apôtre des nations, la longueur, la largeur, la hauteur et la profondeur de l’amour du Christ (Ep 3, 18) ; amour que la diversité des peuples ou des mœurs ne peut briser, que l’immense étendue de l’océan ne peut diminuer, que les guerres enfin ne peuvent désagréger.

D’après Faustine Kowalska

« Tu dois être mon vivant reflet par l’amour et la miséricorde. Sois miséricordieuse envers les autres, tout comme je le suis envers toi. Ma fille, si par toi, j’exige que les hommes honorent ma miséricorde, toi la première, tu dois te distinguer par cette miséricorde. J’exige de toi des actes de miséricorde qui doivent découler de ton amour pour moi. Tu dois témoigner aux autres la miséricorde, toujours et partout ; tu ne peux pas t’en écarter, ni t’excuser, ni te justifier. Je te donne trois moyens pour exercer la miséricorde envers le prochain : le premier, l’action ; le deuxième, la parole ; le troisième, la prière. Ces trois degrés renferment la plénitude de la miséricorde et c’est la preuve irréfutable de l’amour envers moi. De cette manière, l’âme glorifie et honore ma miséricorde. »

D’après Ælred de Rievaulx

Rien ne nous encourage tant à l’amour des ennemis, en lequel consiste la perfection de l’amour fraternel, que de considérer avec gratitude l’admirable patience du « plus beau des enfants des hommes » (Ps 44, 3). Il a tendu son beau visage aux crachats des impies. Il les a laissés mettre un bandeau sur ses yeux qui, d’un signe, gouvernent l’univers. Il a exposé son dos au fouet. Il a soumis sa tête aux pointes des épines, devant laquelle doivent trembler princes et puissants. Il s’est livré lui-même aux affronts et aux injures. Et, enfin, il a supporté patiemment la croix, les clous, la lance, le fiel, le vinaigre, demeurant au milieu de tout cela plein de douceur et de sérénité. « Il fut mené comme une brebis à l’abattoir, il s’est tu comme un agneau devant celui qui le tond, il n’ouvrit pas la bouche. » (Is 53, 7)

D’après Jean Paul II

En réalité, le pardon est avant tout un choix personnel, une option du cœur qui va contre l’instinct spontané de rendre le mal pour le mal. Cette option trouve son élément de comparaison dans l’amour de Dieu qui nous accueille malgré nos péchés, et son modèle suprême est le pardon du Christ qui a prié ainsi sur la croix : « Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu’ils font. » (Lc 23, 34) Le pardon a donc une racine et une mesure divines. Mais cela n’exclut pas que l’on puisse aussi en saisir la valeur à la lumière de considérations fondées sur le bon sens humain. La première de ces considérations concerne l’expérience vécue intérieurement par tout être humain quand il commet le mal ; il se rend compte alors de sa fragilité et il désire que les autres soient indulgents avec lui.