D’après Teresa de Calcutta
La prière grandit en même temps que la simplicité. Il s’agit, ainsi que le dit saint Jean-Marie Vianney, de « fermer nos yeux, fermer notre bouche et ouvrir notre cœur ». Dans tes prières, adresse-toi à Dieu avec grande vénération et grande confiance. Ne traîne pas, ne te précipite pas ; ne crie pas, ne t’abandonne pas au mutisme ; mais avec dévotion, avec douceur, en toute simplicité, sans aucune affectation, offre ta louange à Dieu de tout ton cœur et de toute ton âme. Nos prières devraient être faites de mots brûlants, jaillissant de la fournaise de nos cœurs remplis d’amour.
D’après Prosper Guéranger
Quand vous priez, donnez-vous à Dieu sans toutes ces façons… Que vous êtes loin de la simplicité de l’enfance… Regardez Marie lors de l’Annonciation, comme elle dit doucement et simplement : « Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole. » Dans votre prière, vous faites plus de fracas que cette auguste bien-aimée du Seigneur n’en fît pour devenir la Mère de Dieu… Un acquiescement du fond du cœur, c’est tout ce qu’elle donne ; point de bruit, point de cris, point de larmes, mais : « Me voici, ô Dieu, faites de moi, heureuse créature, ce que vous voudrez. »
D’après Thérèse de Lisieux
Il n’est point nécessaire pour être exaucé de lire dans un livre une belle formule composée pour la circonstance. S’il en était ainsi, hélas ! que je serais à plaindre… Je n’ai pas le courage de m’astreindre à chercher dans les livres de belles prières, cela me fait mal à la tête, il y en a tant ! Je ne saurais les réciter toutes… Et puis, elles sont toutes plus belles les unes que les autres ; je ne saurais laquelle choisir… Aussi, je fais comme les enfants qui ne savent pas lire : je dis tout simplement au bon Dieu ce que je veux lui dire, sans faire de belles phrases, et toujours il me comprend… Pour moi la prière, c’est un élan du cœur, c’est un simple regard jeté vers le Ciel, c’est un cri de reconnaissance et d’amour au sein de l’épreuve comme au sein de la joie. Enfin, c’est quelque chose de grand, de surnaturel, qui m’unit à Jésus et me dilate alors l’âme.
D’après Jean Climaque
Que votre prière soit toute simple ; une seule parole a suffi à l’enfant prodigue pour obtenir le pardon de Dieu (Lc 15, 21). Point de recherche dans les paroles de votre prière ; que de fois les bégaiements simples et monotones des enfants fléchissent leur père ! Ne vous lancez donc pas dans de longs discours afin de ne pas dissiper votre esprit par la recherche des paroles. Une seule parole du publicain a ému la miséricorde de Dieu ; un seul mot plein de foi a sauvé le bon larron (Lc 23, 42). La prolixité dans la prière emplit souvent l’esprit d’images et le dissipe, tandis qu’une seule parole a souvent pour effet de le recueillir.
D’après Jacques-Bénigne Bossuet
Comme la terre entrouverte et desséchée semble demander la pluie au ciel seulement en exposant sa sécheresse, ainsi l’âme en exposant ses besoins à Dieu. « Seigneur, je n’ai pas besoin de vous prier : mon besoin vous prie, mon indigence vous prie, ma nécessité vous prie. » Tant que cette disposition dure, on prie sans prier, et Dieu entend ce langage. « Ô Seigneur, devant qui je suis et à qui ma misère paraît tout entière, toutes les fois qu’elle paraîtra à vos yeux, ô Dieu très bon, qu’elle sollicite pour moi vos miséricordes ! » Voilà une des manières de prier toujours, et peut-être la plus efficace.