D’après Basile le Grand
Notre Seigneur a souvent insisté : « Le Royaume des cieux est semblable à un marchand qui recherche des pierres précieuses ; lorsqu’il en a trouvé une d’un grand prix, il court vendre tout ce qu’il a, afin de pouvoir l’acheter. » Le Seigneur nous montre ici qu’il est impossible d’obtenir le Royaume des cieux, si nous n’abandonnons pas tout ce que nous possédons : richesse, gloire, noblesse de naissance, et tout ce que tant d’autres recherchent avidement. Le Seigneur a aussi déclaré qu’il est impossible de s’occuper convenablement de ce que l’on fait quand l’esprit est sollicité par diverses choses : « Personne ne peut servir deux maîtres ! » C’est pourquoi, le trésor qui est dans le ciel est le seul que nous puissions choisir pour y attacher notre cœur.
D’après Jean Chrysostome
Non seulement il faut préférer l’Évangile à tous les trésors du monde, mais il faut le préférer avec plaisir, avec joie, sans hésiter ! Ne l’oublions jamais : renoncer à tout pour suivre Dieu, c’est gagner plutôt que perdre. Certes, l’Évangile est caché dans ce monde comme un trésor. Les incroyants ignorent, d’ailleurs, sa nature et sa valeur, ils n’ont aucune idée de sa richesse incomparable. Mais toi, tu connais sa richesse inestimable : ce trésor… est la vérité ! Et la vérité étant une – elle ne se divise pas – pour se la procurer, il faut le renoncement aux biens de ce monde… et un courage solide… Mais alors, quel trésor tu possèdes !
D’après Geneviève Gallois
Mon Dieu, il n’y a qu’une réalité… et c’est vous ! Sur la terre, nous avons cette unique réalité que l’on retrouve dans tout ce qui est beauté, ou de la nature ou de l’art. Là, je vous trouve mon Dieu ! Mais dans le ratatinement de la vie, je ne vous trouve pas… Je ne vous trouve pas dans les niaiseries pieuses qui vous défigurent, dans les petits devoirs, les petites raclures de vertus, les petits résidus de sacrifices, les petites épluchures d’amour, dans les petites humilités bouffies de vanité, dans ce rétrécissement de tout et de vous-même. Père d’immense majesté, je ne veux pas de ces petites vertus qu’on fait à sa taille pour les pratiquer commodément.
D’après Grégoire le Grand
Vous avez entendu que Pierre et André ont abandonné leurs filets pour suivre le Rédempteur. Peut-être que quelqu’un se dira tout bas : « Qu’est-ce que ces deux pêcheurs ont abandonné pour obéir à l’appel du Seigneur, eux qui n’avaient presque rien ? » Mais en cette matière, nous devons considérer les dispositions du cœur plutôt que la fortune. Ils ont beaucoup quitté, puisqu’ils n’ont rien gardé. Ils ont beaucoup quitté, puisqu’ils ont tout abandonné, même si c’était peu de chose. Ils ont beaucoup quitté, puisqu’ils ont abandonné jusqu’au désir de posséder. Nous, au contraire, non seulement l’amour nous attache à ce que nous avons, mais en plus, le désir nous fait courir après ce que nous n’avons pas…
D’après Pierre Damien
C’est une grande chose de « tout quitter », mais une plus grande de « suivre le Christ » ! Suivre le Christ est notre seule tâche : en cela consiste l’essentiel du salut ! Mais… nous ne pouvons pas suivre le Christ si nous n’abandonnons pas tout ce qui nous entrave, non seulement les biens de ce monde, mais aussi les désirs de notre âme. Car il n’a pas tout abandonné, celui qui reste attaché ne serait-ce qu’à lui-même. Bien plus, cela ne sert à rien d’avoir abandonné tout le reste à l’exception de soi-même, car il n’y a pas pour l’homme de fardeau plus lourd que son moi. Quel tyran est plus cruel pour l’homme que sa propre volonté ? Par conséquent, il faut que nous abandonnions nos possessions et notre volonté propre, si nous voulons suivre celui qui est venu faire « non pas sa volonté, mais celle de celui qui l’a envoyé. »