Tournez la médaille

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dizaine 1

D’après Vincent de Paul

Nous ne devons pas considérer un pauvre paysan ou une pauvre femme selon leur extérieur, ni selon ce qui paraît de la portée de leur esprit ; d’autant que bien souvent ils n’ont presque pas la figure ni l’esprit de personnes raisonnables. Mais tournez la médaille, et vous verrez par les lumières de la foi, que le Fils de Dieu nous est représenté par ces pauvres, lui qui a voulu être pauvre, qui n’avait presque pas la figure d’un homme en sa Passion, qui passait pour fou dans l’esprit des Gentils et pour pierre de scandale dans celui des Juifs, et qui, avec tout cela, s’est qualifié d’évangéliste des pauvres : « Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres. »

dizaine 2

D’après Vincent de Paul

Si nous regardons les pauvres selon les sentiments de la chair et de l’esprit mondain, ils paraîtront méprisables. Mais qu’il fait beau de les voir, si nous les considérons en Dieu et dans l’estime que Jésus Christ en a faite ! Dieu aime les pauvres, et par conséquent, il aime ceux qui aiment les pauvres ; car, lorsqu’on aime bien quelqu’un, on a de l’affection pour ses amis et pour ses serviteurs. Nous devons donc tâcher de nous appliquer avec affection à servir les pauvres, qui sont les bien-aimés de Dieu ; et ainsi, nous avons sujet d’espérer que, pour l’amour d’eux, Dieu nous aimera.

dizaine 3

D’après Vincent de Paul

Il ne faut pas de retardement en ce qui est du service des pauvres. Si, à l’heure de votre oraison, le matin, vous devez aller porter une médecine, oh ! allez-y en repos ! Offrez à Dieu votre action, unissez votre intention à l’oraison qui se fait à la chapelle, et allez-vous-en sans inquiétude. Si, quand vous serez de retour, votre commodité vous permet de faire quelque peu d’oraison, à la bonne heure ! Mais si vous la perdez définitivement, il ne vous faut point inquiéter, ni croire avoir manqué, car on ne la perd pas quand on la quitte pour un sujet légitime. Et s’il y a sujet légitime, c’est le service du prochain.

dizaine 4

D’après Vincent de Paul

Ce n’est point quitter Dieu que quitter Dieu pour Dieu, c’est-à-dire une œuvre de Dieu pour en faire une autre, ou de plus grande obligation, ou de plus grand mérite. Vous quittez l’oraison, vous perdez le silence pour assister un pauvre. Oh ! sachez que faire tout cela, c’est Le servir. Car, voyez-vous, la charité est par-dessus toutes les règles, et il faut que toutes se rapportent à celle-là. C’est une grande dame. Il faut faire ce qu’elle commande. Allons donc, et employons-nous avec un nouvel amour à servir les pauvres, et même cherchons les plus pauvres et les plus abandonnés ! Reconnaissons devant Dieu que ce sont nos seigneurs et nos maîtres, et que nous sommes indignes de leur rendre nos petits services.

dizaine 5

D’après Vincent de Paul

Le saint abandon est l’état des parfaits. C’est l’état des anges, qui sont toujours prêts à exécuter les volontés de Dieu au moindre signal qu’il leur donne, sans regarder en quoi ; qui ne perdent jamais Dieu de vue, quelques emplois qu’ils puissent avoir, mais le contemplent en tout et partout ; qui ont autant de joie d’être les gardiens d’un méchant homme que d’un homme de bien, parce qu’ils mettent leur seul contentement à accomplir la volonté de Dieu. Par le saint abandon, perdons tout ressentiment et tout désir ; détachons-nous de nous-mêmes et de toute créature, pour arriver à la liberté des enfants de Dieu et suivre en tout son plaisir !