2. Demeure en moi et reçois-moi

Les temps d’oraisons sont disponibles dans la boîte à prière.

En premier lieu, sois fidèle à me consacrer en exclusivité des temps forts à l’intime de toi-même, où je suis et où je vis d’une présence toujours actuelle, toujours active et sans cesse aimante. Il est très utile d’avoir des temps forts où ma présence se fait plus perceptible à ton âme. J’accomplis mon œuvre de paix et d’amour dans l’Église à travers les âmes d’oraison, souples à mon action.

En deuxième lieu, demande-moi plus intensément de te dépouiller de tout ce qui t’empêche d’écouter, d’entendre, de recueillir, d’assimiler, de mettre en pratique ma Parole. Je suis en effet en toi celui qui te parle. Mais tu ne peux m’entendre que si tu m’écoutes. Et tu ne peux m’écouter que si ton amour est vraiment pur de tout retour sur toi-même et prend les caractéristiques d’un amour oblatif en communion avec le mien.

En troisième lieu, souris-moi davantage. Tu le sais, j’aime celui qui donne et qui se donne avec le sourire. Souris-moi. Souris à tous. Souris à tout. Il y a dans le sourire, bien plus que tu ne le crois, la finesse expressive de l’amour véritable, du don de soi, et plus tu le donnes, plus aussi en retour je me donne à toi.

Tu n’as pas à vivre seulement face au Seigneur, mais en ton Seigneur. Plus tu agiras en conséquence, t’efforçant de n’avoir d’autres sentiments que les miens, et plus tu prendras conscience de cette merveilleuse symbiose qui, par moi, t’unit à la Trinité tout entière, à tous les saints, et à tous les membres de mon corps mystique. Tu n’es jamais seul. Ta vie est essentiellement communautaire.

Pense, prie, agis en moi. Moi chez toi, toi chez moi. Tu le sais, c’est là mon désir d’intimité avec toi. Je me tiens sans cesse à la porte de ton âme et je frappe. Si tu entends ma voix, et si tu m’ouvres la porte toute grande, alors j’entre chez toi et nous soupons ensemble. Ne t’inquiète pas du menu. J’apporte chaque fois la plus grande part du festin, et ma joie, c’est de te voir le savourer pour être plus à même de me donner à tes frères. Pense à eux en pensant à moi. Récapitule-les dans ta prière en te donnant à moi. Assume-les en te laissant absorber par moi.

Vis avec moi comme avec l’Ami qu’on ne quitte jamais. Ne me quitte pas de volonté, ne me quitte pas de cœur, essaie de me quitter le moins possible d’esprit.

Fais attention à ma présence. Tu sais bien que je suis là près de toi et en toi et dans les autres. Mais autre chose est de le savoir, autre chose de le percevoir. Demande-m’en souvent la grâce. Elle ne sera pas refusée à ta prière humble et persévérante. C’est l’expression la plus concrète d’une foi vivante et d’une charité ardente.

Fais attention à mon regard. Tu sais bien que je ne te quitte pas des yeux. Si tu pouvais voir ce regard plein de bonté, de tendresse, de désir, attentif à tes options intimes, toujours bienveillant, encourageant, prêt à te soutenir et à t’aider ! Mais voilà : il te faut le rencontrer dans la foi, le désirer dans l’espérance, le chérir dans l’amour.

Fais attention à mon amour. Tu sais bien que je suis l’Amour, mais je le suis bien plus encore que tu ne le sais. Adore et fais confiance. Les surprises que je te réserve seront encore plus belles que tu ne peux te l’imaginer. Le temps de l’après-mort sera celui de la victoire de mon amour sur toutes vos limitations humaines, du moment qu’elles n’ont pas été délibérément voulues en obstacle contre lui. Dès maintenant, demande-moi la grâce d’une perception plus fine, plus intuitive de toutes les délicatesses de mon immense amour à ton égard.

Le temps que tu passes à exposer ton âme aux radiations divines de l’Hostie t’est plus avantageux que des travaux poursuivis fébrilement en dehors de moi. Comme ta vie serait à la fois plus simple et plus féconde si tu me donnais toute la place que je souhaite occuper dans ton esprit et dans ton cœur ! Tu souhaites ma venue, ma croissance, ma prise de possession, mais il ne faut pas que cela reste un vœu platonique.

D’abord, rends-toi compte que tu n’es rien et que tu ne peux rien par toi-même pour augmenter d’un seul degré l’intimité de ma présence en toi. Il te faut humblement me le demander, en union avec Notre Dame. Puis, dans toute la mesure de la grâce qui t’est impartie, ne perds aucune occasion de t’unir explicitement à moi, de disparaître en moi. Plonge en moi avec confiance et laisse-moi alors agir à travers toi.

C’est par le dedans que je conduis le monde, à travers les âmes fidèles à m’écouter et à me répondre. Elles sont ainsi quelques milliers de par le monde. Elles me donnent une grande joie, mais elles sont trop peu nombreuses. La tâche de christification de l’humanité est immense et les ouvriers bien peu nombreux.

Ce n’est pas pour rire que j’ai affirmé : « Je veux que l’on sente ma Vie palpiter en toi. Je veux que l’on sente mon amour brûler en ton cœur. » Et j’ajoute aujourd’hui : « Je veux que l’on sente ma lumière briller dans ton esprit. » Mais cela présuppose l’effacement de ton moi le plus possible.

Mon regard sur toi est vrai, lucide, profond. Loin de le fuir, recherche-le. Il t’aidera à découvrir tout ce qui reste en toi d’attache et de recherche personnelle. Il te stimulera à t’oublier davantage encore pour les autres.

Il faudrait que tu ne puisses te passer de moi… pour que je puisse passer par toi autant que mon cœur le désire. Mais la nature humaine est ainsi faite que, si elle n’est pas constamment stimulée, elle relâche son effort et disperse son attention. C’est ce qui explique la nécessité de ces reprises incessantes de contact avec moi. Tant que tu es sur terre, rien n’est jamais acquis, il faut constamment recommencer. Mais à chaque nouvel élan, c’est comme une renaissance et un accroissement dans l’amour.

Désire-moi. Ne suis-je pas celui qui répond pleinement aux aspirations que j’ai moi-même déposées en ton cœur ?

Désire-moi. Je suis tout ce qui te manque et ma possession te fait toucher du doigt la vanité de tout autre désir.

Désire-moi. Pourquoi vouloir autre chose que vivre en symbiose avec moi ? Combien sont futiles et dispersants tous les désirs qui ne convergent pas vers moi !

Désire-moi. Je viendrai en toi. Je grandirai en toi. J’exercerai en toi mon emprise dans la mesure de ton désir.

Désire-moi. Oui, à travers toutes tes occupations, du lever au coucher, de la prière au travail, du repas au repos, fais-moi sentir, tantôt en force, tantôt en mi-teinte, l’intensité de ton désir.

Désire-moi. Que ta poitrine m’aspire, que ton cœur me cherche, que tout ton être me veuille.

Désire-moi pour toi, car sans moi tu ne peux rien d’efficace ni même d’utile sur le plan spirituel.

Désire-moi pour les autres, car tu ne me communiqueras par tes paroles, tes exemples, tes écrits que dans la mesure où c’est moi qui agirai par toi.

Tu sais que je suis en toi celui qui parle, celui dont la Parole est Vie, celui qui exprime les richesses du Père. Mais, je parle en idées que je fais lentement éclore dans ton esprit sous l’influence du mien. Il faut donc que l’oreille de ton cœur soit bien fidèle et attentive à écouter ! Il faut que tu sois fidèle à mon Esprit ! Il faut que tu sois attentif à en recueillir la divine rosée ! Alors ta vie sera féconde. Vis en moi : tu vivras par moi, tu agiras effectivement pour moi, et tes années serviront efficacement à mon Église.

Habite en moi comme dans ta demeure privilégiée. Rappelle-toi : celui qui demeure en moi… porte beaucoup de fruit.

Habite ma prière. Coule-toi dans le flot incessant de désirs, de louanges, d’actions de grâce qui émane de mon cœur.

Habite ma volonté. Unis-toi à ma volonté sur toi et à tous mes desseins d’amour.

Habite mes plaies. Elles sont toujours vives tant que le monde ne sera pas entièrement unifié en moi. Puise en elles la force du sacrifice et des options douloureuses au nom de tes frères. Tes choix peuvent être décisifs pour beaucoup d’âmes.

Habite mon cœur. Laisse-toi enflammer par son intense chaleur de charité. Ah ! si tu pouvais devenir vraiment incandescent !