D’autres ont prêché les terreurs de la mort. Toi, prêche les joies de la mort. Pense à ce que sera notre rencontre dans la lumière. C’est pour cela que tu as été créé, que tu as travaillé, que tu as souffert. Pense à ce que sera l’après-mort, la joie sans fin d’une âme irradiée de lumière et d’amour, vivant en plénitude l’élan de tout son être vers le Père, et recevant du Père toute la richesse de la jouvence divine.
Mon cher enfant, je t’ai fait pressentir quelque chose de ce que pouvait être la fête du Ciel, et ce que tu en as perçu bien faiblement n’est rien à côté de la réalité. Tu verras, à ce moment-là, à quel point j’ai été et je suis un Dieu tendre et aimant. Tu comprendras pourquoi je tiens tant à ce que les hommes s’entraiment, se pardonnent et s’entraident.
Crois bien que les fêtes liturgiques de la terre, qui ont de multiples raisons d’être, ne sont que la préfiguration des festivités éternelles qui ne lassent pas et tiennent l’âme à la fois rassasiée et sans cesse assoiffée. Tu ne seras pas déçu ! Ébloui par les splendeurs exaltantes que tu découvriras, tu n’auras qu’un seul regret : celui de n’avoir pas assez aimé.
Je viendrai à vous comme un voleur. J’ai dit cela, non pas pour vous effrayer, mais par amour, pour que vous soyez toujours prêts, et que vous viviez chaque instant comme vous voudriez l’avoir vécu au moment de votre naissance à la vie définitive.
Si les hommes voyaient davantage leur vie dans le rétroviseur de la mort, ils lui donneraient son véritable sens. C’est pourquoi, il ne faut pas qu’ils envisagent la mort avec effroi, mais avec confiance, et qu’ils comprennent ainsi tout le prix de la phase méritoire de leur existence.
Vis sur terre comme si tu venais du Ciel. Sois ici-bas l’homme qui rentre de l’au-delà. Tu es un mort en sursis. Je te laisse encore quelques années terrestres pour que tu y mènes une vie imprégnée de nostalgie céleste, où l’on sente filtrer une lueur de chez nous. Prie, comme si tu arrivais au Ciel ; dis « bonjour », comme si tu arrivais au Ciel ; aime, comme si tu arrivais au Ciel ; agis, comme si tu arrivais au Ciel ; réjouis-toi, comme si tu arrivais au Ciel.
Puise dans la pensée du Ciel qui t’attend, la joie au milieu des souffrances et l’optimisme au milieu des troubles de l’heure présente. Prêche cet optimisme aux esprits découragés. Ce n’est pas parce que la tempête assaille la barque de mon Église, qu’il faut s’affoler. Ne suis-je pas celui qui demeure en l’Église jusqu’à la consommation des siècles ?
Il n’y a pas de rémission sans effusion de sang. Mon sang ne peut remplir sa précieuse mission d’expiation efficace que dans la mesure où l’humanité accepte de mêler avec amour des gouttelettes de son sang au sang de ma Passion. Au lieu de se décourager, qu’on lance vers moi les appels : « Seigneur, sauve-nous, nous périssons. » Que l’on augmente la foi en ma présence et en ma puissance. Alors, on découvrira ma tendresse et on vérifiera ma miséricorde inépuisable.
Fais toutes choses en pensant à l’heure de notre rencontre : cela t’aidera, en bien des circonstances, à garder ta sérénité sans empêcher ton dynamisme. Les petites souffrances, les déceptions et les contrariétés, qu’est-ce que tout cela face à l’éternité ? C’est au milieu de ces petites et grandes douleurs que mon œuvre universelle de rédemption s’opère, jour après jour, sans que vous vous en doutiez.
Ne t’ai-je point donné maintes fois des témoignages de ma sollicitude ? Alors, que crains-tu ? Je suis là toujours, et toujours je suis près de toi, même au moment où tout semble craquer, même et surtout au moment de la mort. Tu verras alors ce que sont mes deux bras qui se refermeront sur toi et te serreront sur mon cœur.
Tu découvriras à quoi et pour qui auront servi tes travaux, tes patiences, tes souffrances. Tu me remercieras de t’avoir conduit comme je l’ai fait, te préservant bien souvent de nombreux dangers d’ordre physique ou moral, te menant par des chemins imprévus, parfois déroutants, mais faisant de ta vie une unité profonde dans le service de tes frères. Tu me remercieras, comprenant mieux la conduite de ton Dieu à ton égard et à l’égard des autres. Ton chant d’action de grâces ne cessera de grandir au fur à mesure que tu découvriras les miséricordes du Seigneur sur toi et sur le monde.
Regarde la mort avec confiance et profite de ta fin de vie pour t’y préparer avec amour. Que ton cœur soit de plus en plus ouvert à ma miséricorde, humblement confiant en ma tendresse divine, qui t’enveloppe de toutes parts, et qui féconde invisiblement tes activités les plus ordinaires en leur donnant une valeur spirituelle qui transcende la durée.
C’est par ma mort que j’ai vivifié le monde, et c’est toujours par ma mort que je puis continuer à donner la vie aux hommes. Il me faut donc un surcroît d’âmes qui unissent leur mort à ma mort, afin de vaincre, sans nuire à leur liberté, les hésitations, les réticences, les résistances de ceux qui ne veulent pas entendre mon appel, ou qui, l’ayant entendu, ne veulent pas me laisser pénétrer chez eux.
Tu ne peux me donner de plus grande preuve d’amour que d’accepter de mourir en union avec moi. Quand viendra l’heure de notre rencontre, tu comprendras à quel point est précieuse pour mon Cœur la mort de mes serviteurs, quand elle s’unit à la mienne. Elle est le grand moyen de vivifier l’humanité rebelle et de travailler à la spiritualisation du monde.
Continue à unir souvent ta mort à la mienne et à l’offrir au Père par les mains de Marie sous l’influence de l’Esprit Saint. Au nom de ta mort unie à la mienne, tu peux demander des secours immédiats pour mieux vivre actuellement dans la ligne de la charité divine. Il n’est rien que tu ne puisses obtenir ainsi. Profites-en donc.
Pense à la mort de tous tes frères humains : plus de cent cinquante mille par jour. Quelle puissance de corédemption cela représenterait, si c’était offert ! À toi d’offrir au nom de ceux qui n’y pensent pas. C’est une des façons les plus efficaces de mettre en valeur mon sacrifice du Calvaire et d’enrichir ta messe. Offre-moi souvent la mort des hommes pour qu’ils vivent de ma Vie.
Un jour viendra où je te cueillerai à ton tour. Penses-y souvent, et offre-moi d’avance l’heure de ta mort en l’unissant à la mienne. Il y en a tant qui ne se doutent pas que cette heure va venir ce soir, tant d’accidents de la route, tant de thromboses brutales, tant de causes imprévues. Il y a aussi tant de malades qui ne se doutent pas de la gravité de leur état.
À quoi sert de vivre, si ce n’est pour grandir en amour ? À quoi sert de mourir, si ce n’est pour épanouir éternellement son amour et s’épanouir en lui pour toujours ? Prépare-toi à cet épanouissement en t’endormant, le soir, dans mes bras. C’est comme cela que tu mourras et que tu arriveras au paradis, au moment de la grande rencontre.
Temps d’oraison 7
Le Ciel, c’est moi ! C’est dans la mesure où, selon votre degré de charité, vous pourrez être assumés par moi, que vous goûterez la joie infinie et que vous recevrez du Père toute lumière et toute gloire ! Alors, il n’y aura plus ni pleurs, ni souffrance, ni ignorance, ni malentendu, ni jalousie, ni méprise, ni mesquinerie, mais action de grâces filiale à l’égard de la sainte Trinité et action de grâces fraternelle les uns à l’égard des autres.
Ta découverte incessante des profondeurs divines sera une exquise et passionnante aventure. Ton imprégnation de ma divinité te transfigurera et te fera voir tous tes frères, transfigurés eux aussi, dans une action de grâces commune et exaltante. Certes, vous vous souviendrez des moindres événements de votre vie terrestre, mais vous les verrez dans la synthèse de l’amour qui les aura permis, transfigurés, purifiés.
Combien grande et joyeuse sera votre humilité, qui vous rendra transparents comme le cristal à tous les reflets de la miséricorde divine. Oui, vous vibrerez à l’unisson de mon Cœur et en harmonie les uns avec les autres, vous reconnaissant bienfaiteurs mutuels, et contemplant la petite part de causalité que je vous aurai moi-même fournie pour le bonheur de tous.
Temps d’oraison 8
Penses-tu, aussi souvent que tu le devrais, à tes compagnons du purgatoire qui ne peuvent obtenir leur progressive incandescence lumineuse par leurs propres moyens ? Ils ont besoin qu’un de leurs frères de la terre mérite ce qu’ils auraient obtenu, s’ils avaient accompli eux-mêmes, avant leur mort, le choix d’amour que tu fais en leur nom. C’est là l’intérêt de ton maintien ici-bas et de la prolongation de la vie humaine.
Si les vieillards étaient mieux instruits de leur puissance et des répercussions de leurs petites oblations méritoires en faveur de leurs frères du monde et de leurs frères de l’au-delà, ils comprendraient mieux le prix de leurs dernières années, où ils peuvent, dans la paix et la sérénité, obtenir tant de grâces, et en même temps, se valoir pour eux-mêmes un tel surcroît de lumière et de joie éternelles.
La mort leur serait plus douce, car je promets une grâce spéciale d’assistance à ce grand moment pour tous ceux qui auront vécu pour les autres avant de vivre pour eux. N’est-ce point en cela que consiste l’amour ? N’est-ce point en cela, par des petits sacrifices, que l’on se prépare à mourir en aimant ?
Temps d’oraison 9
Oui, tu auras une mort joyeuse, rapide et aimante. Passer n’est pas long pour celui qui expire dans un acte d’amour et me rejoint dans la lumière. Tu seras heureux de quitter ton corps pour entrer définitivement en moi. Fais-moi confiance. Comme je fus là à tous les moments de ta vie sur terre, je serai là au moment de ton entrée dans la vie éternelle, et ma Mère, qui s’est montrée tellement bonne pour toi, sera présente, elle aussi, toute douceur, toute maman.
Je connais l’heure de ta mort et la manière dont elle se produira : dis-toi bien que c’est moi qui l’ai choisie pour toi, avec tout mon amour, pour donner à ta vie terrestre son maximum de fécondité spirituelle. À ce grand moment de ton dernier départ, tu auras, avec ma présence, toute grâce nécessaire, insoupçonnable maintenant. C’est la mesure de ton amour qui te fera y coopérer en plénitude.
Je suis moi-même au bout de ta route après avoir été toute ta vie ton compagnon de chemin. En attendant, utilise de plus en plus le temps qui te sépare de la grande rencontre : à chaque heure, rejoins ma prière, communie à mon oblation, coule-toi dans mes élans d’amour. Aspire aussi fréquemment mon Esprit, étreins-le dans tes respirations, pour revivifier les battements de ton cœur : n’est-ce point par lui que se diffuse en toi la charité de ton Dieu ?
Temps d’oraison 10
La manière d’envisager la mort doit être pour vous une question de foi, de confiance, d’amour.
Foi ! Cette perception du ciel ne peut directement répondre à une image expérimentée et, c’est pourquoi, elle dépasse toute impression sensible. C’est ce qui vous vaut la possibilité de mériter durant la phase terrestre de votre existence, car où serait le mérite si vous pouviez tout connaître dès à présent ? Il faut un temps pour chaque chose.
Confiance ! Car ce que vous ne savez pas par une expérience directe, vous pouvez le connaître en vous appuyant sur ma parole et en vous fiant à moi. Je ne vous ai jamais trompés et j’en suis incapable. Je suis la Voie, la Vérité et la Vie. Tout ce que je puis dire, c’est que ce sera encore plus beau que vous ne pouvez le concevoir et même le désirer.
Amour ! C’est l’amour seul qui vous permet, non pas de voir, mais de pressentir ce que je vous réserve, et cela d’autant plus que sur terre, vous aurez peiné, vous aurez souffert. Si tu vis d’amour, la mort te trouvera tel et tu expireras dans un souffle d’amour. On meurt comme on a vécu.
Temps d’oraison 11
C’est si beau, la lumière de gloire. C’est si enthousiasmant, la participation à notre joie trinitaire. C’est si « au-delà de tout qualificatif », la flamme d’amour dont vous serez incandescents pour cette communion totale dans une charité universelle et définitive. Si ceux qui sont sur le point de mourir pouvaient voir le torrent de bonheur qui peut les envahir d’un moment à l’autre, non seulement ils n’auraient pas peur, mais avec quel élan ils voudraient me rejoindre !
Si vous pouviez en avoir sur terre la perception sensible et durable, votre vie deviendrait impossible… et comment pourrais-je recourir à votre libre collaboration, si minime soit-elle, pour travailler avec moi à la rédemption et à la spiritualisation progressive de l’humanité, tout entière destinée à être assumée par moi ?
Tu as beaucoup pensé à ton après-mort ces jours-ci… et sans, pour cela, négliger ta tâche terrestre, n’as-tu pas observé que la pensée de l’au-delà lui donne sa véritable dimension au regard de l’éternité ? Vis déjà par la pensée et par le désir ton après-mort. C’est la meilleure pierre de touche du réel.
Temps d’oraison 12
La mort, tu le sais bien, sera moins un départ qu’une arrivée, avec plus de retrouvailles que de séparations. Ce sera me trouver dans la lumière de ma beauté, dans le feu de ma tendresse, dans l’ardeur de ma reconnaissance. Ce sera me voir tel que je suis et te laisser pleinement absorber en moi pour être à ta place dans la demeure trinitaire.
Alors tu salueras Notre Dame pleine de gloire. Tu verras à quel point elle est avec le Seigneur et comme le Seigneur est avec elle. Tu lui diras ta reconnaissance éperdue pour sa conduite maternelle à ton égard.
Tu pourras t’unir à tes amis du Ciel, depuis ton ange gardien jusqu’à tous tes amis de la terre, incandescents d’amour et lumineux de joie sans mélange. Tu retrouveras ta famille d’esprit. Et en même temps, tu te réjouiras de ce que tu dois à chacun des membres les plus infimes comme les plus importants de mon Corps glorieux.