Appelle-moi. Je ne demande qu’à venir. Mais dis-moi plus souvent : « Viens, Jésus, pour que je réalise pleinement tout ce que tu attends de moi ! Viens, Jésus, pour que j’aide les âmes comme tu le désires à réaliser ton plan d’amour sur elles ! Viens, Jésus, pour que je t’aime comme tu veux que je t’aime ! »
Il y a une litanie d’amour que j’attends de toi :
Jésus, mon amour, je t’aime !
Jésus, mon feu, je t’aime !
Jésus, ma force, je t’aime !
Jésus, ma lumière, je t’aime !
Jésus, mon hostie, je t’aime !
Jésus, ma prière, je t’aime !
Jésus, mon tout, je t’aime !
La lettre n’a d’intérêt que dans la mesure où elle stimule et facilite l’amour, mais non dans celle où elle l’étouffe et le contrarie.
Viens à moi. Dans mon regard, lis et puise. Dans mon Cœur, plonge et prends. Dans ma volonté, approche et brûle. Je suis flamme, je suis feu, je suis l’amour. Ah ! si tu étais vraiment une braise brûlante, que d’âmes tu sauverais ! Ma véritable ascension dans les âmes se mesure à la chaleur de leur amour pour moi et pour les autres.
Mon amour a des harmoniques aussi variées que puissantes. Pour les entendre, il faut vivre en sympathie constante et profonde avec moi. Alors, la symphonie se développe en variations multiples à l’intime du cœur qui chante à l’unisson du mien.
Jamais l’intimité avec moi ne fatigue ni ne lasse. Si tu ressens une fatigue quelconque, cela vient de ce que tu as perdu mon rythme et que tu n’es plus accordé à ma mesure. Alors tu t’ébroues tout seul et tu es vite à bout de force et de souffle. Appelle-moi doucement avec foi et confiance et tu retrouveras la suite de la mélodie intérieure. Je suis la sève de ton âme.
Il y a des couleurs, par exemple lors d’un coucher de soleil, qu’aucun peintre ne peut rendre pleinement. Il y a des joies intérieures que je suis seul à pouvoir donner. Mon amour n’est jamais à court, il a mille visages et mille inventions toujours nouvelles. Ah ! si vous vouliez en profiter, pour vous d’abord, et puis, pour mieux me révéler à des multitudes d’âmes.
La qualité de tes rapports avec moi. Voilà ce qui compte d’abord. Ta journée vaut ce qu’ont valu tes rapports avec moi. Ont-ils été distants et réticents ? Ont-ils été fervents, aimants, pleins d’attentions ? Je ne cesse de te porter attention, mais toi ? Pourquoi attribues-tu plus d’importance pratique aux choses qui passent qu’à moi qui ne passe pas ?
Et puis, pour résoudre les problèmes que te pose la vie de chaque jour, ne penses-tu pas qu’un recours à moi ne puisse t’être profitable, qu’en moi se trouvent toutes les solutions qui tiennent vraiment compte de toutes les données, même les invisibles ? Ne penses-tu pas que ce serait du temps gagné, de la fatigue épargnée que de te tourner un peu plus souvent vers moi ? Et ce serait pour moi l’occasion de donner et de me donner davantage, ce qui est, tu le sais bien, la pente de mon Cœur. Je suis « inutile » parce qu’inutilisé dans tant de vies…
Mon rêve, c’est, sous votre impulsion, avec votre initiative et votre collaboration intelligente mettant en œuvre dons et talents que je vous ai confiés, la spiritualisation des activités et des vies humaines par la croissance de ma charité en chacun. Quand tu m’aimes profondément, il se fait en toi une irradiation de moi qui te permet invisiblement de me donner à ceux qui t’approchent. Il faut que l’on me sente en toi, à fleur de peau.
Vis de moi. Nourris-toi de mes pensées. Elles sont lumière et vie. Elles sont force aussi dans la mesure où tu les assimiles. Nourris-toi de ma volonté. Ce que je veux de toi, voilà ce qu’il te faut faire. Agis sans t’inquiéter de savoir où je te mène. Tout en toi servira à la gloire de mon Père et au bien de mon Église, si tu insères ta volonté dans la mienne.
Vis avec moi. Ne suis-je point pour toi le meilleur compagnon de chemin ? Pourquoi oublies-tu ma présence ? Pourquoi ne croises-tu pas plus souvent mon regard ? Demande-moi donc avis, conseil, aide. C’est le rayonnement de cette amitié familière et habituelle, à base d’un ardent esprit de foi, qui donnera à ta vie le cachet qui me plaît pour toi. Ne perds pas ton temps à m’oublier ! Penser à moi, c’est décupler ta fécondité.
Vis pour moi. Si tu savais ce dont tu te prives et ce dont tu prives l’Église quand tu ne vis pas pour moi ! Car aimer, c’est d’abord cela : vivre pour l’être aimé. Agis, travaille, prie, respire, mange, détends-toi pour moi. Purifie sans cesse ton intention. Ne fais point ce que tu ne peux faire pour moi. N’est-ce point cela l’exigence de l’amour ? Et c’est une preuve d’amour que d’exiger cela de toi. Mais tu le sais bien, le sacrifice paie, et tu retrouveras en joie au centuple ce dont pour moi tu te seras privé.
Ose davantage me mettre dans ta vie et crois que l’heure la plus utile pour ton action est celle que tu me consacres en exclusivité. Elle t’aide, tu le sais bien, à soutenir et à enrichir ta vie intérieure pendant le temps de l’activité ; elle te sensibilise aux signes que je te fais tout au long du jour ; elle te permet de déchiffrer les symboles que je multiplie tout au long de la route. Surtout ne complique rien. Puise simplement en ton cœur toutes les réserves d’affection que j’y ai déposées et oriente-les vers moi, sans plus.
Un chrétien qui aurait compris ce que je rêve d’être pour lui me retrouverait en tout, m’entendrait, me découvrirait et irait d’émerveillement en émerveillement, en percevant ma présence toujours vivante, toujours actuelle, toujours active et par-dessus tout infiniment aimante.
Si tu avais davantage l’obsession de mon amour, bien des choses retrouveraient en toi leur place, leur valeur relative. Que de fois tu te laisses troubler par des nuées qui n’ont aucune importance et tu négliges les seules réalités qui comptent !
N’aie dans ton esprit que des pensées aimantes, dans tes yeux que des lueurs de bonté, sur tes lèvres que des paroles de charité, dans ton cœur que des sentiments d’amitié, dans ta volonté que des vouloirs de bienveillance. Ne perds pas ton temps à agir sans amour. Que ta vie soit tout imprégnée d’amour vrai et que ta mort soit tout embaumée d’amour. Il n’y a que cela qui compte. Pour l’éternité, tu seras fixé au degré d’amour que tu auras atteint.
La seule chose qui compte parce que c’est la seule valeur qui ait cours dans l’éternité, c’est la charité vraie. Quand je regarde les hommes, voilà ce que je juge immédiatement en chacun : cette charité qui n’attend pas de récompense, ni même de reconnaissance ; cette charité qui s’ignore elle-même ; cette charité qui exprime à sa manière personnelle ce qu’il y a de meilleur dans un être. C’est la grande leçon que l’on doit apprendre de moi.
C’est si simple d’aimer et pourtant combien rares sont les hommes qui connaissent ce secret – même parmi les consacrés. Il n’y a d’amour vrai que là où il y a oubli de soi. Trop souvent, c’est soi que l’on aime à travers ceux que l’on croit aimer.
Tu sais à quel point je suis l’amour infini, passionné, dévorant ; ou plutôt tu le sais intellectuellement, pas assez concrètement. C’est que je ne puis exercer mon amour sur toi que dans la mesure où tu m’y autorises par la disponibilité authentique de toute ta personne à l’action de mon Esprit, par qui se diffuse dans les cœurs ma divine dilection.
Si tu savais ce que c’est qu’un Dieu qui brûle de donner et de se donner, de pénétrer, d’envahir, d’enrichir, d’imbiber un être aimé, de le conformer au plan d’amour du Père, de l’aspirer, de l’assumer, de l’inspirer, de le prendre en compte, de se l’unir, de se l’identifier !… Mais la condition est là, irréductible : tout ce qui est égocentrisme, orgueil, amour-propre, esprit propriétaire, recherche subtile du moi humain, est inassimilable par le feu de l’amour.
Donne-moi un amour de qualité. C’est au prorata de l’amour oblatif que tu apportes à la messe que tu reçois au moment de la communion une nouvelle inoculation de ma charité. De messe en messe, il t’est loisible de grandir en mon amour ! Mais… c’est un amour qui dépouille, immole et éperonne. Car, plus il y a de l’humilité, plus l’amour est pur ; plus il y a de l’esprit de sacrifice, plus l’amour est vrai ; plus il y a d’adversité, plus l’amour est fort.
Temps d’oraison 8
Je suis moi-même en toi celui qui aime le Père. Peux-tu imaginer la pression et l’intensité du feu de mon amour pour le Père qui m’engendre sans cesse comme l’esprit engendre la pensée, mais en lui donnant tellement d’importance qu’elle devient substantielle et qu’elle est une personne égale à celle qui la pense et l’engendre ? Mystère du don, mystère de l’amour parfait.
Je suis moi-même en toi celui qui aime le Saint-Esprit, le nexus vivant qui me lie au Père, le baiser substantiel de notre amour. Nous sommes distincts et liés tout ensemble comme feu et flamme. Il est le don de mon Père à moi-même et la louange d’action de grâces de moi-même au Père.
Je suis moi-même en toi celui qui aime Marie. Amour créateur, car ensemble avec le Père et l’Esprit, de toute éternité, nous l’avons conçue et elle ne nous a pas déçus. Amour filial, car je suis en toute vérité son enfant plus qu’aucun fils sur terre n’est l’enfant de sa mère. Amour rédempteur, qui lui a valu la préservation du péché originel et qui l’a étroitement associée à l’œuvre du salut du monde.
Temps d’oraison 9
Je suis moi-même en toi celui qui aime tous les anges et tous les saints. Tu peux détailler, depuis ton ange gardien jusqu’à tes saints préférés et tous tes aïeux entrés dans l’éternité bienheureuse. Que ta conversation soit de plus en plus par moi dans les cieux où ils t’attendent.
Je suis moi-même en toi celui qui aime tous les hommes actuellement sur terre, toutes les âmes qui composent ta postérité innombrable, tous ceux que je te découvrirai un jour comme ayant bénéficié plus directement de tes renoncements, de tes souffrances, de tes travaux et puis aussi tous les autres, tous sans exception.
Je suis la Vie. Ce qui n’est pas conçu, effectué, réalisé en union au moins virtuelle avec moi est destiné à périr. Tu sais bien que de toi-même, tu n’es rien, tu ne peux rien – mais tu seras étonné un jour de voir ce que nous aurons fait ensemble ! Par contre, ne t’étonne pas de ne pas être exaucé plus vite de manière sensible et perceptible. Continue avec persévérance. Cela vient peu à peu, mais cela demande bien du temps et des conditions de purification préalables qui se réalisent jour après jour.
Temps d’oraison 10
Je suis non seulement le lien, mais le lieu des âmes, là où elles peuvent se retrouver et communier entre elles, à travers moi.
En moi, tu peux trouver d’abord le Père et l’Esprit Saint – car le Père est en moi et je suis dans le Père, et le Saint-Esprit nous unit l’un à l’autre.
En moi, tu peux trouver aussi ma Mère Marie qui est unie à moi d’une façon incomparable et par qui je continue à me donner au monde.
En moi, tu trouves ton ange gardien, fidèle compagnon de ta vie militante, dévoué messager et attentif protecteur.
En moi, tu trouves tous les saints du ciel depuis les patriarches jusqu’aux apôtres, depuis les prophètes jusqu’aux martyrs.
En moi, tu trouves tous les chrétiens, mais aussi tous les hommes de bonne volonté, quels qu’ils soient.
En moi, tu trouves tous les souffrants, tous les malades, tous les infirmes, tous les mourants.
En moi, tu trouves le monde entier, connu et inconnu, toutes les beautés, toutes les richesses de la nature et de la science, qui dépassent ce que les plus grands savants peuvent entrevoir.
En moi surtout, tu trouves le secret de l’amour oblatif total, car je suis essentiellement celui qui aime et qui désire par les hommes apporter le feu sur la terre, en vue de rendre l’humanité incandescente de joie et de bonheur pour l’éternité.
Temps d’oraison 11
Il n’y a que ce que tu imprègnes d’amour qui ait cours dans mon Royaume et à mes yeux. Les choses ne valent que leur teneur en amour. Les hommes ne valent que leur dose d’amour oblatif. C’est cela seul qui compte ! Et pour que tout chez toi soit imprégné par mon amour, il te faut te ressourcer et t’exercer ; te ressourcer, car l’amour divin est un don qu’il faut demander sans cesse et avec intensité ; t’exercer, car la charité est une vertu qui demande beaucoup de courage.
Ah ! si les hommes voulaient bien rectifier en ce sens leur échelle de valeurs ! S’ils pouvaient voir l’importance de l’amour en leur vie ! Retiens bien ceci : quelle que soit l’activité que l’on accomplit ou la souffrance que l’on supporte, c’est l’union d’amour que l’on y apporte qui en fait la valeur.
Aimer, c’est penser à moi, c’est s’unir à moi, c’est tout partager avec moi. Toute votre vie est une suite presque ininterrompue d’options en faveur ou au préjudice de cet amour qui tend à vous faire renoncer à vous-même au bénéfice des autres. Plus cet amour grandit dans une âme, plus elle élève le niveau de l’humanité, mais quand une âme dit « non » à l’offre qui lui est faite de participer à cet amour, il y a manque à gagner dans l’enrichissement divin du monde et retard dans l’évolution spirituelle des peuples de la terre.
Temps d’oraison 12
Je t’attends sans cesse – sans impatience, certes, te sachant faible et fragile, mais si désireux de t’écouter et de te sentir aux écoutes de ma Parole. Ne laisse pas ton esprit papillonner sur tant de choses éphémères et inutiles. Ne laisse pas gaspiller en tant de futilités le peu de temps dont tu disposes. Pense que je suis là, moi, ton maître, ton ami, ton serviteur, et tourne-toi vers moi. Comme ton rayonnement serait plus intense et plus étendu si tu faisais davantage et plus amoureusement attention à moi !
N’as-tu pas observé que plus tu étais fidèle à l’oraison, moins celle-ci était lassante ? En fait, on ne se lasse que de ce qu’on laisse… Mais si on tient, on obtient la grâce qui permet de goûter et parfois même de savourer ! En tout cas, on obtient la grâce de porter et, s’il y a lieu, de supporter.
Plus tu percevras mon amour d’une façon vivante, expérimentale, plus tu seras en mesure de le révéler aux autres. C’est là la forme de témoignage que j’attends de toi. Ce fluide mystérieux qui donne au visage des hommes ce reflet indéfinissable de divin, jaillit dans les profondeurs de l’intimité prolongée du tête-à-tête avec moi.
Temps d’oraison 13
Cherche à t’unir à moi davantage. Unis-toi à mon action dans le monde à l’intime des cœurs. Vois comme elle est contrariée par tous les égoïsmes conscients ou inconscients. Vois au contraire comme elle est puissante dans les âmes généreuses qui s’y livrent avec docilité.
Unis-toi à moi pour faire tout ce que tu as à faire et tu verras comme cela sera mieux fait et plus facile. Unis-toi à moi pour être bon, accueillant, compréhensif, ouvert aux autres et je ferai passer quelque chose de moi dans les contacts que tu auras. Si tu ne veux pas être séparé de moi, unis-toi à moi plus souvent et plus intensément, à travers toutes les heures claires ou grises de chaque jour.
Ce n’est pas en vain que tu multiplies tout au long du jour des actes positifs d’amour et de désir, car ainsi grandit en toi quelque chose de la charité du Père pour moi et cela permet une surabondance de ma présence en toi, qui me rendra manifeste à travers ton enveloppe charnelle. Il faut que ton amour soit actif et vigilant. S’il s’endort par lâcheté ou négligence, il y a comme une pause au rayonnement de ma vie en toi.
Temps d’oraison 14
Il y a dans la connaissance de mon amour pour toi et pour le monde plusieurs zones concentriques dont la pénétration ne peut qu’aviver ta foi et ta charité.
Il y a d’abord cette perception expérimentale de ma présence aimante qui t’enveloppe intérieurement et extérieurement. Ne suis-je pas en toi, au plus intime de toi-même ? Ne suis-je pas sans cesse auprès de toi ? Voilà pourquoi je te redis souvent : « Regarde-moi te regarder. Agis en membre de moi. Traite avec moi comme si tu me voyais et souris-moi. »
Il y a ensuite cette connaissance intellectuelle de l’amour infini qui vous a aimés jusqu’à faire des folies, la folie de la crèche, la folie de la croix, la folie de l’hostie, la folie du sacerdoce – avec tout ce que cela comporte d’humilité et de tendresse de ma part : me faire créature, me faire tout petit, me faire dépendant de vous et de votre bonne volonté collaboratrice.
Il y a enfin ce que vous ne pouvez actuellement ni savoir, ni percevoir c’est ce feu de l’amour trinitaire qui vous soulèvera, vous embrasera, vous alimentera dans l’éternité et pour l’éternité, vous faisant participer à notre joie substantielle dans une charité universelle exaltante.
Temps d’oraison 15
Si tu savais combien j’aime être enfin compté pour quelque chose dans la vie de chaque jour, ne pas être seulement celui que l’on invoque selon les rites, mais l’ami vrai et intime avec qui on compte et sur qui on peut compter. Ne suis-je pas celui qui ressent ce que tu éprouves, qui assume tes états d’âme, qui transfigure et féconde tes désirs, tes gestes, tes paroles… Tout ce qui remplit tes journées doit être pour toi l’occasion de faire passer tout l’amour de ton âme.
Nous sommes ensemble. Nous sommes ensemble comme le sarment est ensemble avec le cep de la vigne, comme le membre est ensemble avec le corps. Nous sommes ensemble pour prier, pour travailler, pour parler, pour être bons, pour aimer, pour offrir, pour souffrir, pour mourir, et un jour, pour voir le Père, Notre Dame, nous réjouir.
La conscience d’être ensemble est une garantie de sécurité, de fécondité, de joie.
De sécurité. Quand je me tiens sous l’abri du Très-Haut, je repose à l’ombre du Puissant. Que peux-tu craindre sur la terre ? Que peux-tu craindre pour le grand passage ? Nous sommes ensemble.
De fécondité. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit. Fécondité visible et invisible.
De joie. Si quelqu’un ouvre la porte, je prendrai mon repas avec lui, et lui avec moi. Je veux que l’on sente ma joie resplendir en ton âme.
Temps d’oraison 16
Je suis moi-même en toi celui qui parle en ton nom et qui ne cesse de demander les grâces dont tu as besoin pour réaliser le plan éternel d’amour du Père sur toi, à la place voulue par lui dans la symbiose du Corps mystique.
Je suis moi-même en toi celui qui s’offre et, se donnant sans réserve au Père, rêve d’inclure dans son oblation l’offrande de toi.
Je suis moi-même en toi celui qui offre à la bénédiction et à la purification de l’Esprit toutes les âmes actuellement sur la terre.
Je suis moi-même en toi celui qui adore, loue, remercie le Père, ardemment désireux que je suis de récapituler les adorations, les louanges et les actions de grâces de toute l’humanité.
Réitère souvent dans la journée de petites adorations silencieuses envers moi qui t’aime tant et jamais ne te quitte. Demande-moi fréquemment de faire grandir en toi le désir de moi, le goût de moi, la joie de moi. C’est là une prière que j’aime à exaucer – mais sois patient et ne cherche pas à aller plus vite que ma grâce.
Temps d’oraison 17
Mon amour est délicat. Je t’ai aimé le premier et tout ce que tu es, c’est moi qui te l’ai donné. Par délicatesse, je ne te le rappelle pas souvent. J’attends que tu t’en rendes compte, que tu m’en remercies et que tu en tires toi-même les conséquences.
Mon amour est tendre. Je suis la tendresse infinie. Si l’on savait les richesses de mon Cœur et l’immense désir que j’ai de vous en combler ! Viens à moi, mon petit. Mets ta tête sur mon épaule. Et tu diras : « Oh, comme tu es doux, Seigneur ! »
Mon amour est attentif. Rien de ce qui te concerne ne m’échappe. Aucun sentiment de ton âme ne m’est étranger. Je fais miens tous tes désirs dans la mesure où ils sont conformes au plan d’amour de mon Père et donc à ton véritable intérêt. Je fais miennes toutes tes intentions et bénis fidèlement toutes les âmes que tu me confies.
Mon amour est fort. Il est fort de ma puissance. Il est fort pour te soutenir, pour te relever, pour te guider dans la mesure où tu fais appel à lui. Qui s’appuie sur lui, ne peut jamais être déçu.
Mon amour est miséricordieux. Je connais mieux que toi les circonstances atténuantes et les raisons qui excusent tes fautes, tes erreurs, tes écarts.
Mon amour est divinement exigeant. Tu l’as compris… Parce que je t’aime pour toi, je veux pouvoir me donner à toi davantage – mais je ne puis le faire que si tu réponds toi-même fidèlement à toutes les invitations de ma grâce, à toutes les impulsions de mon Esprit.
Temps d’oraison 18
Simplifie toutes choses, joyeuses ou douloureuses, par l’amour. Comme je voudrais te voir faire chaque jour un quart d’heure d’amour pur, positif, explicite. En union avec moi, exerce-toi progressivement. Commence par une minute, puis deux, puis trois. Si tu persévères, sous l’influence de l’Esprit, tu arriveras bien à quinze.
Tu verras alors comme bien des choses seront remises à leur vraie place – et tu auras un avant-goût de ce que je te réserve quand ton heure aura sonné. Celui qui s’efforce d’aimer avec mon Cœur voit tous êtres et toutes choses avec mon regard, et entend intérieurement le message divin que tous êtres et toutes choses sont chargés de lui porter. Tu entreras ainsi peu à peu dans mon immensité sans crainte d’y perdre pied, puisque c’est moi qui t’envahirai.
Parce que j’aime tes frères, je veux pouvoir passer par toi davantage. À toi de me refléter, de me révéler, de m’exprimer, mais je ne puis le faire que si tu m’ouvres toutes grandes les portes de ton cœur et si tu réponds généreusement à mes appels. Il te faut un amour plus fort que ta surcharge d’occupations, plus fort que tes soucis, plus fort que ta souffrance.
Temps d’oraison 19
Ce qui compte, c’est le feu de l’amour qui grandit dans les cœurs, plus que de grandes actions extérieures, de très belles organisations qui, du point de vue institutionnel, peuvent paraître remarquables, mais sont vides ou à peu près de ma présence vivante et active.
C’est par le dedans que se construit mon Royaume et j’ai davantage besoin d’âmes généreuses dans les combats intérieurs au profit de leurs frères que de propagandistes ou d’hommes d’affaires, même au service de mon Église. Si l’on voulait venir auprès de moi plus souvent, avec plus de disponibilité, on puiserait dans la contemplation de ma divine présence de nouvelles énergies. Je suis la fontaine de jouvence et c’est en moi que s’opère toute véritable réforme, dans les âmes, dans les foyers, dans toutes les sociétés.
Le monde se dévitalise par pénurie de vie contemplative authentique. N’accepte pas la monotonie d’amour. Cherche et tu trouveras de nouvelles manières de me l’exprimer. Les miennes ne sont jamais monotones. Fais-moi sentir plus souvent que c’est moi que tu désires et redis-moi, en ton nom et au nom des autres : « Viens, Seigneur Jésus, viens. » Crois-le : je réponds toujours aux invitations.
Temps d’oraison 20
Laisse-moi te conduire comme je l’entends. Il faut certes des points fixes dans la vie spirituelle, mais à titre de témoins et de garde-fous, non à titre d’obstacles. Ne t’inquiète pas de l’avenir. Quelque chose t’a-t-il manqué dans le passé ? Il ne te manquera rien parce que je serai toujours là et que rien ne manque à celui à qui je ne manque pas. Ma présence et ma tendresse seront toujours auprès de toi. Même aux heures sombres et dures de ta vie, j’étais là. Tu l’as d’ailleurs bien perçu – et les tunnels ont débouché sur la lumière.
Cherche-moi qui suis en toi, au fond de toi, et mets-toi librement mais avec une totale générosité sous ma divine emprise. Même si celle-ci ne se fait pas sentir, elle s’exerce et t’inspire à ton insu. Ce qui compte à mes yeux, ce n’est pas l’amour que tu éprouves, mais l’amour que tu me prouves.
Tu regrettes de ne pas avoir constamment une conscience lucide de ma présence, mais ce qui compte c’est que je sois là et que j’entende tes affirmations d’amour. Donne-m’en des preuves par de petits sacrifices, par de menues souffrances supportées en rejoignant les miennes, par des interruptions courtes et fréquentes au milieu de ton travail ou de tes lectures, et tu verras peu à peu grandir en toi un état de fidélité et de disponibilité à tout ce que je te demanderai.
Temps d’oraison 21
La vie contemplative, ce n’est pas la vie d’extase, c’est la vie où je suis quelqu’un qui compte, quelqu’un avec qui l’on compte, quelqu’un sur qui l’on peut compter. C’est aussi la vie de confluence où l’on rejoint par la pensée ou tout simplement par une union virtuelle, tous mes élans d’amour, d’adoration, de louange, d’action de grâces, mon oblation incessante si rédemptrice, et aussi mes immenses désirs équivalents à vos immenses besoins. De cette jonction vitale avec moi dépend pour le monde entier le déclenchement de ma grâce, des bienfaits divins, et plus spécialement de l’assomption progressive de toute l’humanité besogneuse, humble et généreuse par ma divinité.
La durée de l’amour doit tendre vers l’imprégnation totale de ton existence – non pas qu’elle prenne toujours la même forme, la même coloration et que la conscience soit constamment lucide à son sujet. L’essentiel en amour n’est pas la conscience totale, mais le fait d’aimer : penser à l’autre avant de penser à soi, vivre pour l’autre avant de vivre pour soi, se perdre en l’autre au point de s’oublier soi-même et qu’il grandisse dans la mesure où le « je » diminue. Quand on aime vraiment, on ne réfléchit pas qu’on aime. On aime et c’est tout.
Ô Jésus, fais grandir en moi le désir de toi, le désir de te posséder, le désir d’être possédé par toi. Exerce sur moi ton emprise, resserre ton étreinte, marque-moi de ta divine empreinte.
Temps d’oraison 22
Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est la qualité de l’amour qui l’inspire. Cet amour peut subir des moments d’assoupissement ; mais s’il est loyal, il rebondit et transfigure tout ce qu’il touche – à la manière du soleil qui peut être caché par un nuage mais qui continue à briller et qui jaillit à nouveau à la première éclaircie.
Tout être humain possède en lui d’immenses possibilités d’amour. Sous l’influence de l’Esprit, cet amour peut être sublimé et s’exprimer en actes merveilleux de générosité allant jusqu’au sacrifice de soi. Sous l’influence de l’égoïsme, il peut se dégrader et aboutir aux pires excès de la bestialité. C’est dans la mesure où l’humanité purifie et intensifie ses puissances affectives qu’elle monte et se surpasse en étant assumée par moi, car je ne puis assimiler, étant moi-même tendresse infinie, que ce qu’il y a d’amour authentique dans un cœur d’homme.
Je suis l’ami très tendre et très discret, qui se réjouit des initiatives de ceux qu’il aime… et qui s’attriste de leurs erreurs, de leurs bévues, de leurs opacités, de leurs ambiguïtés, de leurs résistances… mais qui est toujours prêt à pardonner et à éponger les fautes de ceux qui reviennent à lui avec amour et humilité. Je vois toutes les possibilités de bien en chacun et je suis tout prêt à faciliter leur épanouissement, mais je ne puis rien sans votre collaboration. C’est dans la mesure où vous faites attention à ma présence que vous attirez sur vous l’efficacité de ma divine vitalité.